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Bombardements et combats à Alep, Brahimi "dans les prochains jours" à Damas

11/09/2012 02:22 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

L'armée syrienne a bombardé mardi plusieurs quartiers d'Alep, théâtre d'une bataille cruciale, pour tenter d'affaiblir les rebelles qui ont affirmé avoir unifié leur commandement pour être plus efficaces.

Près de 18 mois après le début de la révolte contre le président Bachar al-Assad qui s'est transformée en un conflit ayant fait plus de 27.000 morts selon une ONG, le médiateur international Lakhdar Brahimi doit se rendre dans les "prochains jours" à Damas où il rencontrera M. Assad, a déclaré à l'AFP son porte-parole Ahmad Fawzi.

Le nouvel émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, qui se trouvait mardi au Caire, siège de l'organisation panarabe, aura également des entretiens avec de "hauts responsables de l'opposition ainsi que des représentants de la société civile", a-t-il ajouté.

M. Brahimi, qui avait jugé lundi sa mission "extrêmement difficile", devrait arriver à Damas ce jeudi, selon des diplomates onusiens.

Sur le terrain, après une matinée inhabituellement calme à Alep, de violents combats ont repris dans l'après-midi entre l'armée et les rebelles dans la deuxième ville du pays dont plusieurs quartiers étaient bombardés par les forces du régime, a indiqué un habitant et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un réseau de militants et de témoins.

"Il y a maintenant des combats dans la Vieille ville", un secteur majoritairement chrétien, a ajouté un habitant.

L'acheminement de l'eau potable a repris dans la métropole de 2,5 millions d'habitants après la réparation de la principale canalisation détruite pendant le week-end. Cependant, la pénurie se poursuivait dans le nord-est de la ville.

 

"Rien ne peut justifier un tel acte"

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Afin d'améliorer leur efficacité sur le terrain, les rebelles, qui assurent contrôler plus 60% de la métropole du nord, ont annoncé avoir unifié l'ensemble de leurs forces militaires à Alep et dans sa région.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, s'est félicité de cette annonce et a invité l'Armée syrienne libre (ASL) "à généraliser cette initiative dans toutes les provinces".

Par ailleurs, alors que l'annonce lundi de l'exécution sommaire d'une vingtaine de soldats par des rebelles à Alep avait choqué l'opinion, le CNS a demandé que les auteurs soient traduits en justice, soulignant que "rien ne peut justifier un tel acte".

Ailleurs dans le pays, au lendemain de la mort de 139 personnes, des combats "violents" étaient signalés dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans le sud de Damas. Des affrontements ont été aussi signalés dans les provinces de Deir Ezzor (est), de Hama (centre) et d'Idleb (nord-ouest).

Au moins 85 personnes, dont une majorité de civils, ont été tuées mardi à travers le pays, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

 

Angelina Jolie rencontre des réfugiés

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Les violences depuis mars 2011 ont poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir le pays. Selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés qui se sont fait connaître auprès de l'organisation a dépassé 250.000 personnes, dont 85.197 en Jordanie, pays où se trouvaient mardi le chef du HCR Antonio Guterres et son émissaire Angelina Jolie.

"Nous encourageons la communauté internationale à faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider ces réfugiés", a déclaré l'actrice au camp de Zaatari, en soulignant qu'"il y a beaucoup à faire".

M. Guterres a appelé la communauté internationale à "aider (le HCR) et le gouvernement jordanien (...) afin de pouvoir injecter massivement des fonds pour améliorer les conditions de vie des réfugiés dans ce camp".

Aucune issue au conflit n'est en vue, en particulier en raison des profondes divisions au sein de la communauté internationale entre ceux qui réclament un départ du pouvoir de M. Assad, Etats-Unis en tête, et ceux qui prônent un dialogue entre régime et opposition, parmi lesquels l'Iran, la Russie et la Chine.

L'Iran a proposé mardi d'inviter ses alliés irakien et vénézuélien dans le groupe de contact sur la Syrie proposé par l'Egypte, dont une première réunion a eu lieu lundi au Caire en présence de hauts responsables de l'Iran, de l'Egypte, de l'Arabie saoudite et de la Turquie --ces trois derniers pays réclamant aussi le départ de M. Assad.

La France a estimé de son côté que l'Iran devait d'abord se conformer à ses obligations internationales avant de s'impliquer dans une résolution de la crise.

La Russie a pour sa part proposé une conférence réunissant "tous les acteurs du conflit", représentant opposition, régime et différentes communautés.

La France a "favorisé un certain nombre d'opérations de défections", a en outre déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius au lendemain de l'annonce par le général Manaf Tlass, plus haut gradé à avoir fait défection, qu'il avait été exfiltré par les services secrets français.

bur/cco/vl/sbh

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