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Bombardements et combats à Alep, Brahimi "bientôt" à Damas

11/09/2012 10:35 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

L'armée syrienne a bombardé mardi plusieurs quartiers d'Alep, théâtre d'une bataille cruciale, pour tenter d'affaiblir les rebelles qui ont unifié leur commandement, dans une recherche de plus grande efficacité.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé que le nouvel émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, qui se trouvait mardi au Caire pour rencontrer des représentants de l'opposition syrienne, allait rencontrer "bientôt" à Damas le président Bachar al-Assad.

Alors que le conflit a provoqué la fuite de dizaines de milliers de Syriens dans les pays voisins, l'actrice américaine Angelina Jolie, envoyée spéciale du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), a appelé la communauté internationale à aider les réfugiés, en visitant un camp en Jordanie.

Après une matinée étrangement calme, des combats violents ont repris dans l'après-midi entre l'armée et les rebelles dans la métropole d'Alep, dans le nord de la Syrie, dont plusieurs quartiers étaient bombardés par les forces du régime, a indiqué un témoin et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un réseau de militants et de témoins.

Les bombardements ont également repris sur les quartiers d'al-Kalassé et Boustane al-Qasr, dans le sud, Souleimane al-Halabi, dans le centre, et Boustane al-Bacha, dans le nord, a indiqué un habitant.

"Il y a maintenant des combats dans la Vieille ville", un secteur majoritairement chrétien, a-t-il dit à l'AFP.

L'OSDH a fait état de bombardements dans la nuit sur des quartiers rebelles comme Hanano, Chaar, Karm al-Mayssar et Haydriyé, dans l'est de la ville.

Cinq personnes dont un enfant ont été tuées dans le pilonnage du quartier de Sakhour (est) et 12 au total dans la province d'Alep.

Afin d'améliorer leur efficacité sur le terrain, les rebelles, qui assurent contrôler plus 60% d'Alep, ont annoncé avoir unifié l'ensemble de leurs forces militaires dans la métropole et sa région.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition au président Assad, s'est félicité de cette annonce et a invité l'Armée syrienne libre (ASL) "à généraliser cette initiative dans toutes les provinces".

Par ailleurs, alors que l'annonce lundi de l'exécution sommaire d'une vingtaine de soldats par des rebelles à Alep avait choqué l'opinion, le CNS a demandé que les auteurs soient traduits en justice, soulignant que "rien ne peut justifier un tel acte".

D'un point de vue pratique, l'acheminement de l'eau potable a repris dans la métropole de 2,5 millions d'habitants après la réparation de la principale canalisation détruite pendant le week-end. Cependant, la pénurie se poursuivait dans le nord-est de la ville, notamment à Boustane al-Bacha, un quartier contrôlé par les rebelles.

Ailleurs dans le pays, au lendemain de la mort de 139 personnes dans les violences, des combats étaient signalés à Damas et dans les provinces de Deir Ezzor (est), de Hama (centre) et d'Idleb (nord-ouest).

Au moins 36 personnes, dont 33 civils, ont été tuées mardi, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

Le conflit, déclenché en mars 2011 par un mouvement de contestation pacifique qui s'est militarisé face à la répression menée par le régime -décidé à en finir avec une rébellion qu'il assimile à du "terrorisme"- a fait plus de 27.000 morts, selon l'OSDH.

Les violences ont aussi poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir. Selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés qui se sont fait connaître auprès de l'organisation a dépassé 250.000 personnes, dont 85.197 en Jordanie, pays où se trouvaient mardi le chef du HCR, Antonio Guterres, et son émissaire, Angelina Jolie.

"Nous encourageons la communauté internationale à faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider ces réfugiés", a déclaré l'actrice au camp de Zaatari, en soulignant qu'"il y a beaucoup à faire".

M. Guterres a appelé la communauté internationale à "aider (le HCR) et le gouvernement jordanien (...) afin de pouvoir injecter massivement des fonds pour améliorer les conditions de vie des réfugiés dans ce camp".

Au Caire, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague devait s'entretenir avec le président Mohamed Morsi de la Syrie, a indiqué son ministère.

Le nouvel émissaire Brahimi, qui a qualifié sa tâche de "très difficile" lundi en débutant sa mission de paix dans la capitale égyptienne, poursuivait ses discussions, après avoir rencontré le chef de la Ligue arabe et M. Morsi.

Lundi soir, Le Caire a aussi accueilli une réunion préparatoire du groupe de contact sur la Syrie proposé par M. Morsi, en présence de hauts responsables du ministères des Affaires étrangères de l'Iran --fidèle allié de Damas-- de l'Egypte, de l'Arabie saoudite et de la Turquie --qui réclament le départ du pouvoir de Bachar al-Assad.

L'Iran a proposé mardi d'inviter ses alliés irakien et vénézuélien au sein de ce groupe de contact.

La France a estimé de son côté que l'Iran devait d'abord se conformer à ses obligations internationales avant de s'impliquer dans une résolution de la crise en Syrie.

La Russie a pour sa part proposé une conférence réunissant "tous les acteurs du conflit", représentants de l'opposition, du régime, et des différentes communautés.

Moscou est, avec Pékin, un allié de poids de la Syrie et a déjà bloqué au Conseil de sécurité de l'ONU trois résolutions condamnant Damas.

bur/cco/vl

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