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Algérie: un militant des droits de l'Homme acquitté pour outrage (avocat)

11/09/2012 04:48 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Le tribunal de Ksar El Boukhari (sud-ouest d'Alger) a acquitté mardi le militant des droits de l'Homme Abdelkader Kherba contre lequel le parquet avait requis un an de prison pour "outrage à un représentant de l'autorité", a annoncé son avocat Me Amine Sidhoum.

"Le tribunal a relaxé M. Kherba", a déclaré à l'AFP l'un des avocats de la défense.

"Le dossier était vide et une décision autre que la relaxe nous aurait étonnés", a-t-il ajouté.

Le parquet avait requis un an d'emprisonnement ferme contre ce membre de la Ligue algérienne pour la Défense des droits de l'Homme (LADDH) et du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC).

M. Kherba avait été arrêté le 21 août lors d'une manifestation contre les coupures d'eau dans sa ville proche de Médéa (100 km au sud d'Alger).

Il s'apprêtait à filmer la manifestation quand un policier l'en a empêché par la force, les deux hommes avaient alors échangé des invectives. Mais selon ses avocats, les poursuites engagées contre lui mardi "n'avaient rien à voir avec cette manifestation".

Un vingtaine de personnes parmi lesquelles ses deux soeurs, son frère et sa mère attendaient Kherba à sa sortie de prison.

Le militant est ensuite rentré chez lui où il s'est remis à manger, mettant ainsi fin à une grève de la faim qu'il a observée durant ses 22 jours de détention, selon des correspondants de presse sur place.

"Je suis bien (du point de vue santé) et pour avoir la liberté en Algérie il faut payer plus que cela. Ce que j'ai fait, c'est le premier pas du militantisme mais les jeunes pauvres n'ont pas de travail, de logement, de sécurité ni de justice", a déclaré M. Kherba, un chômeur de 32 ans.

"Le verdict est juste mais ce qu'a subi Kherba est très grave, a estimé de son côté un autre avocat de la défense, Salah Dabouz. On a voulu le mettre en prison parce qu'il est militant et qu'il conteste une situation sociale de manière pacifique".

"Nous voulons dénoncer les abus du parquet qui utilise à chaque fois (la voie de la justice) pour réprimer les gens qui contestent", a-t-il ajouté.

La mère du militant Barkahoum Kherba s'est déclarée "soulagée" tandis que sa soeur Fatiha a estimé que son frère "n'avait rien fait". Les deux femmes ont éclaté en sanglots à l'annonce du verdict du tribunal.

M. Kherba a déjà été condamné en mai à Alger à un an de prison avec sursis et 200 euros d'amende pour "incitation à attroupement et usurpation d'identité", après avoir participé à un rassemblement de greffiers, alors en grève, devant le Palais de justice.

Un procès en appel pour cette affaire est prévu le 16 septembre devant la Cour d'Alger.

bur-abh/bmk/sw

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