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Afrique du Sud: le corps d'un homme frappé à mort découvert à Marikana (média)

11/09/2012 12:23 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

Le corps d'un homme frappé à mort a été découvert mardi par des journalistes à Marikana (nord), à proximité immédiate du lieu où sont réunis les mineurs en grève, portant à 45 le nombre de morts de ce conflit social depuis début août.

"Un corps a été découvert à la mine de Lonmin de Marikana. Le corps a été trouvé face contre terre, avec deux coupures profondes derrière la tête", indique l'agence radio sud-africaine Eyewitness News sur son site internet.

"On ne sait pas clairement quand l'homme a été tué. Les mineurs avaient l'air en colère, mais ils ignoraient le corps qui était à quelques mètres d'eux", a indiqué une journaliste de la radio sur place.

Interrogée par l'AFP, la police n'a pas pu confirmer cette information.

Le conflit social de la mine de Marikana, entamé le 10 août par la grève sauvage de 3.000 foreurs --sur 28.000 employés--, avait déjà fait 44 morts. Des policiers avaient tiré sur des mineurs menant une grève sauvage pour des augmentations de salaire le 16 août, faisant 34 morts. Dix hommes, dont deux policiers et deux gardes de sécurité, avaient été tués dans des affrontements intersyndicaux quelques jours auparavant.

Les violences avaient opposé les partisans du grand syndicat des mines NUM et ceux d'une petite formation dissidente, l'AMCU. L'AMCU avait soutenu et encouragé la grève sauvage des foreurs, qui réclament une augmentation de salaire à 12.500 rands (1.200 euros), soit le triplement de leur traitement actuel pour certains d'entre eux.

Le 16 août, la police, avait invoqué la légitime défense pour faire feu sur la foule des grévistes, qui portaient des machettes et des lances, faisant 34 morts.

Ce massacre, le plus grave depuis l'apartheid, a plongé l'Afrique du Sud en état de choc pendant plusieurs jours, et le président Jacob Zuma a décrété une semaine de deuil national.

Depuis, les médias sud-africains continuent de suivre pas à pas les négociations entre mineurs et direction, toujours bloquées. La direction et les syndicats majoritaires ont signé un accord, prévoyant une reprise du travail préalable à l'ouverture de négociations salariales.

Les grévistes refusent pour leur part de redescendre à la mine tant qu'ils n'auront pas obtenu les 12.500 rands réclamés.

La production sur le site, exploité par le groupe britannique Lonmin, est interrompue depuis la mi-août. Soit par solidarité avec les foreurs, soit par peur des représailles, l'immense majorité des mineurs n'ont pas repris le travail depuis la fusillade, le taux d'absentéisme communiqué par le direction avoisinant ou dépassant chaque jour les 90%.

cpb/liu/jms

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