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Affaire Relais & Châteaux: Dominique de Villepin est entendu par les gendarmes

11/09/2012 02:43 EDT | Actualisé 11/11/2012 05:12 EST

PARIS - La garde à vue de l'ancien premier ministre Dominique de Villepin a été levée mardi après-midi. Il était entendu depuis la matinée à Paris par les gendarmes dans le cadre d'une enquête instruite à Strasbourg concernant les hôtels Relais & Châteaux, a-t-on indiqué mardi de source proche de l'enquête.

Selon le quotidien «Le Monde», le juge d'instruction Jean-Baptiste Poli enquête sur un système de surfacturation impliquant l'ancien président de Relais & Châteaux, Régis Boulot, mis en examen dans ce dossier pour «escroquerie en bande organisée» et «abus de confiance».

Ce système aurait été mis en place pour l'impression du guide annuel Relais & Châteaux.

«Le Monde» assure que les liens entre MM. Bulot et de Villepin sont au coeur de l'enquête depuis que «des écoutes téléphoniques ont mis en lumière l'activisme de l'ancien locataire de Matignon pour éviter à son ami des déboires judiciaires».

En 2010, M. de Villepin a déjeuné avec le successeur de M. Bulot, Jaume Tapiès. Or les enquêteurs s'interrogent sur d'éventuelles pressions qu'aurait pu exercer l'ancien premier ministre sur la nouvelle direction, partie civile dans l'enquête visant M. Bulot.

Dans l'une des écoutes téléphoniques, citées par «Le Monde», M. de Villepin assure à M. Bulot avoir fait aux nouveaux dirigeants «une trouille dix fois au-dessus de ce qu'ils imaginaient». Des propos qui peuvent être interprétés comme des menaces.

«Il n'a jamais été question de pression sur la partie civile», a assuré à Sipa l'avocat de M. Bulot, Michaël Santelli, qui précise que son client n'a jamais demandé à son ami d'intervenir dans ce dossier.

Me Santelli a demandé en mai l'audition de M. de Villepin afin que ce dernier confirme les dires de M. Bulot. Une demande alors rejetée.

Régis Bulot a été placé en détention provisoire de novembre 2011 à juin 2012. Selon Me Santelli, la justice a justifié le maintien en détention de M. Bulot en estimant qu'il avait fait intervenir «un ami de haut rang» auprès des nouveaux dirigeants de Relais & Châteaux «pour les inciter à une plus grande discrétion».

M. Bulot est soupçonné d'avoir mis en place un système de surfacturation pour l'édition du guide annuel de Relais & Châteaux. Le préjudice est estimé à 1,5 million d'euros, a indiqué Me Santelli, en ajoutant que 500 000 euros ont été retrouvés sur un compte à l'étranger appartenant à M. Bulot.

L'affaire a trouvé son origine dans une dénonciation de l'administration fiscale qui avait contrôlé l'un des prestataires strasbourgeois impliqué dans le système de surfacturation.

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