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Tunisie/médias: les syndicats suspendent le dialogue avec le gouvernement

10/09/2012 03:23 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Les syndicats tunisiens de la presse ont suspendu des discussions avec le gouvernement, déplorant l'absence de progrès dans la recherche d'une issue à la crise qui secoue le secteur des médias.

"Nous avons décidé de nous retirer, ces discussions ne servaient plus qu'à faire gagner du temps au gouvernement", a indiqué Nejiba Hamrouni, présidente du Syndicat national des journalistes (Snjt).

"Le gouvernement n'a montré aucune volonté de revenir sur la nomination récente de responsables controversés à la tête de certains médias", a dit Mme Hamrouni, cité par l'agence TAP.

La désignation contestée de ces responsables connus pour avoir servi sous le régime du président déchu Ben Ali a fait scandale dans les quotidiens du groupe Assabah et dans les chaînes Watanya 1 et Watanya 2.

Le gouvernement revendique le droit de nommer des responsables à la direction des organes publics et les journalistes y voit une ingérence dans les rédactions dans le but de les contrôler.

"Le gouvernement ne veut rien céder sur les nominations et les discussions ont été inutiles", a indiqué de son côté Nabil Jmour secrétaire général du syndicat général de la culture et de l'information.

"Le dossier des nominations est primordial et nous refusons de passer outre", a-t-il affirmé, à l'issue d'une réunion de plusieurs heures avec des représentants du gouvernement.

Les deux syndicats avaient déjà boycotté une réunion mardi dernier. Ils estiment que les autorités n'ont pas tenu leur promesse antérieure de ne plus nommer des directions des médias publics sans consulter les rédactions et les organismes syndicaux.

Le représentant du chef du gouvernement Ridha Kazdoghli a indiqué de son côté que la réunion du lundi n'était pas destinée à discuter des nominations, la question devant être examinée ultérieurement, selon lui.

Soutenus par les syndicats, les ONG et l'opposition, les journalistes du groupe Assabah et de la télévision concernés par ces nominations ont lancé un mot d'ordre de grève.

Un bras de fer oppose les représentants des médias au gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahda, accusé de vouloir contrôler la presse en vue des prochaines élections générales en 2013.

Plusieurs désignations à la tête des médias publics depuis janvier ont été dénoncées par les professionnels, alors que l'instance chargée de réformer le secteur des médias post-révolution a présenté son projet de reformes avant de se saborder en juillet, dénonçant des entraves de la part du gouvernement.

Bsh/hj

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