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Taxer les super-riches: le débat fait rage en France

10/09/2012 07:56 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

PARIS - L'homme le plus riche d'Europe, Bernard Arnault, a relancé le débat sur les sujets délicats que sont les impôts, la citoyenneté et le patriotisme en confirmant samedi qu'il avait demandé à obtenir la double citoyenneté franco-belge.

Le milliardaire est l'un des symboles de la réussite de l'industrie de la mode française. Il est président et chef de la direction du géant français de la mode LVMH et propriétaire de maisons réputées comme Louis Vuitton et Christian Dior.

Bernard Arnault s'est bien défendu de chercher à décrocher la double citoyenneté pour éviter d'avoir à se soumettre à la taxe de 75 pour cent que le nouveau gouvernement socialiste a l'intention d'imposer aux personnes très riches. Mais en France, ils sont nombreux à en douter.

La polémique a été efficacement attisée par le journal Libération, qui titrait «Casse-toi, riche con!», à la Une de son édition de lundi. La publication faisait un clin d'oeil au célèbre «Casse-toi, pauvre con!» lancé par Nicolas Sarkozy à un citoyen qui lui avait dit «Touche-moi pas, tu me salis» lors d'un événement public en 2008.

L'homme d'affaires a déposé une plainte contre le quotidien le jour même.

Bernard Arnault est la quatrième homme le plus riche au monde. Sa fortune personnelle a été estimée à 41 milliards $ par le magazine Forbes.

La démarche qu'il a entreprise afin d'obtenir la double citoyenneté survient alors que le président François Hollande se prépare à instaurer une tranche d'imposition de 75 pour cent à ceux qui gagnent plus d'un million d'euros par année (environ 1,2 millions $ CAN).

«À sa place, je penserais aussi peut-être que je n'ai pas le choix et je partirais», estime Jean-Baptiste Lete, un Parisien de 34 ans.

Ce ne serait pas la première fois que Bernard Arnault tente d'échapper à un socialiste nommé François. En 1981, il a émigré aux États-Unis lorsque le président François Mitterrand est arrivé à l'Élysée. Il est rentré au pays lorsque les politiques fiscales sont devenues plus conservatrices.

Comme citoyen belge, Bernard Arnault paierait un maximum de 50 pour cent d'impôt sur son revenu.

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