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Syrie : les combats font rage à Alep

10/09/2012 06:38 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Le conflit en Syrie ne connaît pas de répit aussi bien sur le terrain militaire que sur le plan diplomatique.

Les affrontements entre les rebelles et l'armée syrienne font rage à Alep. Les rebelles ont réussi après deux nuits de combats à « conquérir » la caserne d'Hananou sur les hauteurs de la vieille ville. Mais ils ont été vite délogés par les bombardements de l'armée.

Selon des combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), la caserne était désormais vide et bombardée par au moins sept chars, pour empêcher les insurgés d'accéder aux armes qui pourraient être encore stockées dans les armureries souterraines.

Les rebelles auraient exécuté sommairement 20 soldats capturés dans cette caserne, selon une vidéo diffusée sur YouTube.

La vidéo montre une vingtaine de corps d'hommes en treillis, à plat ventre dans une rue, la tête ensanglantée. Des hommes armés, en treillis ou en civil, se tiennent debout autour des cadavres.

Toujours à Alep, selon des journalistes de l'AFP, deux Migs ont largué deux bombes et mitraillé le sol à chaque passage.

À Damas, l'armée aurait lourdement bombardé le mausolée Sayeda Zeinab, haut lieu de pèlerinage chiite. De violents combats et des bombardements avaient lieu parallèlement à Deraa (sud), Idleb (nord-ouest), Hama et Homs (centre) et dans la province de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, un organisme basé à Londres et proche de l'opposition.

« Mission difficile », répète Brahimi

Sur le plan diplomatique, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, a déclaré après une rencontre avec le secrétaire général de Ligue arabe Nabil Al-Arabi, qu'il réalise que c'est une « mission difficile », mais qu'il n'a pas le droit de « refuser d'apporter une aide au peuple syrien ».

M. Brahimi a annoncé également qu'il se rendra en Syrie « dans les prochains jours ».

Toujours en Égypte, une première réunion d'un « groupe de contact » doit se tenir entre les représentants de l'Égypte, de l'Arabie saoudite, de l'Iran et de la Turquie. Cette rencontre a pour objectif de préparer une réunion des ministres des Affaires étrangères de ces pays.

L'Égypte a indiqué que la priorité est d'arriver à « un consensus », notamment sur « la fin immédiate des meurtres et de la violence » et « la nécessité de lancer un processus politique avec la participation des diverses composantes du peuple syrien ».

Le régime syrien estime que ce groupe est inutile, en raison des critiques formulées par le président égyptien Mohamed Morsi à son encontre.

L'Iran, l'un des rares alliés de la Syrie, sera présent à cette rencontre. C'est la première fois que Téhéran est associé à une concertation diplomatique sur la Syrie.

Manaf Tlass est contre une intervention étrangère, mais pour l'armement des rebelles

Le général Manaf Tlass, qui a fait récemment défection et qui se trouve en France, a affirmé dans une entrevue à la chaîne de télévision française BFM TV, que son exfiltration de Syrie a été facilitée par les services secrets français.

« J'ai fait défection au régime depuis le mois de mars. Depuis le début de la révolution, j'ai eu des rencontres avec les révolutionnaires, avec les rebelles, et j'ai senti dès les premiers jours, dès les premiers mois, que le régime mentait à tout le monde. C'est pourquoi j'ai d'abord fait défection en restant dans mon bureau », a indiqué M. Tlass, fils d'un ancien ministre syrien de la Défense.

M. Tlass s'est dit opposé à « toute intervention étrangère en Syrie, quelle que soit la forme que prendrait cette intervention ».

Cependant, il a appelé la communauté internationale à armer les rebelles. « Jusque-là, le peuple syrien a obtenu beaucoup de victoires, il faudrait le soutenir, il faudrait l'aider, il faudrait l'armer », a-t-il déclaré.

En ce qui concerne la présence de djihadistes syriens et étrangers en Syrie, le général a minimisé leur importance. « Il y a bien évidemment 20 % d'islamistes, mais ils ne sont qu'une minorité. Le peuple syrien n'a jamais été un peuple extrémiste ».

Le général dissident a mis en garde contre une utilisation d'armes chimiques par le régime. « Le régime est capable d'utiliser toutes sortes d'armes. S'il est acculé (...), il est possible que ce régime utilise des armes chimiques. C'est une stratégie qui est possible », a-t-il affirmé.

À ce sujet, l'ex-ambassadeur syrien en Irak a tenu des propos allant dans le même sens. Toutefois le gouvernement syrien a affirmé qu'il n'utilisera ses armes chimiques que contre une invasion étrangère.

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