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«Rapailler l'Homme» le documentaire: Faire des mots de Gaston Miron des chansons (VIDÉO)

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HOMME RAPAILLE DOCUMENTAIRE
(Crédit photo: Rapailler l'Homme) | Photo: Rapailler l'Homme

«Je suis complexe de nature mais mon art est simple», a écrit Gaston Miron. C'est avec ces mots qu'a choisi d'ouvrir son long-métrage le réalisateur et scénariste Antonio Pierre de Almeida. Plus qu'un «simple» documentaire, «Rapailler l'Homme» se veut un beau portrait de l'homme derrière le poète, mais aussi un hommage à l'amour, à la musique, aux mots et à la liberté.

Né à Beyrouth en temps de guerre, Antonio Pierre de Almeida a apprivoisé Miron comme on apprivoise un nouvel environnement, une nouvelle patrie. «Ce film est la somme de toutes mes expériences», explique-t-il.

Son premier contact avec le poète québécois, c'est étrangement à travers la photo qu'il s'est produit.
«Une amie professeur de littérature a vu une de mes photos et m'a dit «Dis donc, ta photo pourrait coïncider avec un poème de Miron.» Quelque temps plus tard, on lui demandait de tourner les images du premier album des Douze hommes rapaillés, puis le tout s'est enchaîné.

Après beaucoup de recherches, de visionnements de bandes vidéos et de confidences de gens proches de Gaston Miron, «Rapailler l'Homme» a pris forme.

«C'est son objectif humain et sa grande humanité, qui m'ont le plus touché», affirme le réalisateur. «Je voulais dégager son côté identitaire, son intégrité, son ouverture et ce qu'il était, ce qu'il avait envie de partager. Je voulais aussi montrer ce côté universel de Miron. L'Homme avec un grand H.»

«En rapaillant, j'ai voulu reconstituer les différents aspects qui l'ont touché et qui me touche aussi», ajoute-t-il. Il pense à des thèmes comme la famille, l'identité, la langue, le pays et la droiture...

«Que les gens aiment ou n'aiment pas mon film, ce qui m'intéresse le plus, c'est qu'ils en discutent, qu'ils partagent, qu'ils en parlent - pas forcément du film mais des sujets et des thèmes qu'on y aborde - et qu'ils continuent la réflexion.»

Douze artistes et un poète en images

Entre des extraits d'entrevues réalisées avec le défunt «commis -voyageur de la poésie», de jolies images du Québec - de Montréal en passant par Sainte-Agathe de Monts - on suit les douze hommes rapaillés qui chantent et explorent Gaston Miron: Jim Corcoran, Vincent Vallières, Louis-Jean Cormier, Michel Rivard, Richard Séguin, Daniel Lavoie, Martin Léon, Yann Perreau, Plume, Michel Faubert, Pierre Flynn et Gilles Bélanger.

«Des gens de sons qui côtoient des gens d'images, cela apporte un niveau technique assez difficile», avoue le réalisateur. «Mais il résidait aussi une complicité et une camaraderie extraordinaire. Le seul objectif de ces artistes étaient de mettre en valeur les mots et, chaque fois, quelque chose de magique se passait.»

Un quelque chose de magique très bien démontré par Louis-Jean Cormier, désigné comme le porte-parole du groupe et que l'on accompagne tout au long du documentaire.

«Miron disait: Ce livre m'a fait en même temps que je l'ai fait. Je peux peut-être dire que «ce film m'a fait en même temps que je l'ai fait», a conclu Antonio Pierre de Almeida, impatient de dévoiler le fruit de ces quatre années de travail aux épris de musique et de poésie.

Le documentaire «Rapailler l'Homme» sera présenté en grande première le 14 septembre à l'Excentris en présence de Louis-Jean Cormier et au cinéma Le Clap de Québec.