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Mondial 2014/Qualifications - Italie: la revanche d'Osvaldo

10/09/2012 10:04 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Les deux buts inscrits par Pablo Daniel Osvaldo, vendredi, contre la Bulgarie, conjugués à un excellent début de saison avec son club de l'AS Rome, ont fait passer l'attaquant italo-argentin du statut de mauvais garçon à celui de potentiel titulaire au sein de la "Nazionale".

Vendredi soir, contre la Bulgarie, Osvaldo a permis à l'Italie de repartir de Sofia avec le point du match nul. Le lendemain, la presse était unanime: "Il n'y a qu'Osvaldo", titraient en choeur les deux principaux quotidiens sportifs du pays.

Le sélectionneur, Cesare Prandelli, n'était pas moins élogieux en conférence de presse: "Je suis très content de la prestation d'Osvaldo, nous avons besoin d'attaquants comme lui".

En outre, lors de ce premier match des éliminatoires du Mondial 2014, Osvaldo, 26 ans, a démontré être capable de marquer des buts de renard des surfaces. En club, il avait déjà prouvé savoir planter des pions spectaculaires, comme avec un superbe retourné acrobatique contre Catane, lors de la 1e journée de Serie A.

Les débuts azzurri d'Osvaldo avaient été moins bien accueillis. Chef d'accusation: être né à Buenos Aires, et avoir été naturalisé Italien. A l'époque de sa première cape, en octobre 2011, la Ligue du Nord, parti anti-immigrés, s'était offusquée.

"La convocation d'Osvaldo témoigne de la débâcle de la politique de la Fédération italienne de football", avait ainsi déclaré le député Davide Cavalloto.

Il ne s'était pas dérobé: "Je suis plus Italien que ces gens-là. Certaines polémiques naissent seulement pour gagner des voix aux élections", avait-il répondu dans la Gazzetta dello Sport.

Voilà une autre caractéristique de l'attaquant arrivé dans la Botte en 2006, à l'Atalanta: il n'a pas la langue dans sa poche. Un temps, ce caractère bien affirmé lui a joué des tours.

A son arrivée à Rome, à l'été 2011, en provenance de l'Espanyol Barcelone, plusieurs observateurs s'étaient étonnés du prix déboursé par la Louve (17 millions d'euros) pour faire venir un joueur passé jusqu'alors par des clubs modestes: Huracan, Atalanta, Lecce, Fiorentina, Bologne...

Réponse de l'intéressé: "17 millions? Ce n'est pas assez cher pour moi".

Plus tard, en novembre 2011, après une défaite de la Roma à Udine, il avait eu une altercation avec Lamela, 20 ans, un autre Argentin de l'effectif. Ce dernier, agacé par le comportement de son aîné sur le terrain, s'était énervé dans les vestiaires: "Ferme ta grande bouche, tu n'es pas non plus Maradona".

ILs en étaient venus aux mains, et Osvaldo avait été suspendu dix jours par le club.

Pourtant, Osvaldo n'a pas grand chose à voir avec les mauvais garçons du football. Avant la confrontation contre la Bulgarie, il avait expliqué "être conscient de devoir encore changer certains aspects de son comportement".

"Je ne suis pas un passionné de football, quand je quitte le terrain, je décroche", avait-il raconté un jour.

Sa vraie passion est en fait la musique. "Je suis en train d'apprendre la guitare et le piano. J'adore Pink Floyd et les Rolling Stones", déclarait-il à son arrivée à Rome en provenance d'Espagne.

Son look de pirate, tout en tatouages, bijoux et cheveux longs, lui a valu le surnom de "Johnny Depp de Trigoria" (le centre d'entraînement de la Roma, ndlr). Tous s'imaginent maintenant le voir partir à l'abordage du Mondial 2014 aux côtés de l'autre rock-star du calcio, Mario Balotelli.

Prandelli, qui avait déjà entraîné Osvaldo à Florence, devrait l'aligner d'emblée contre Malte, mardi soir, à Modène.

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