NOUVELLES
10/09/2012 05:29 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Mondial-2014 - Pays-Bas: Van Gaal, la politique de la rupture

Le nouveau sélectionneur des Pays-Bas, Louis van Gaal, a pris le pari de la rupture en remettant en cause plusieurs des choix de son prédécesseur Bert van Marwijk pour tourner la page d'un été désastreux et tenter de bâtir une équipe compétitive en vue du Mondial-2014.

Fidèle à sa réputation d'entraîneur ne se laissant influencer par personne, ni par les médias, ni par ses dirigeants, Van Gaal a procédé à un grand nettoyage lors du premier match de qualification face à la Turquie vendredi à Amsterdam. Cela lui a réussi: les Oranje se sont imposés 2 à 0 et sont bien lancés sur la route devant les mener au Brésil.

En alignant Krul, Janmaat, Vlaar, Martins Indi, Willems, Strootman, Clasie, Fer ou Narsingh, le sélectionneur a fait le pari de joueurs peu expérimentés et évoluant pour la plupart aux Pays-Bas.

Pari risqué. Pour ce duel face aux Turcs, l'ancien entraîneur de l'Ajax ou du FC Barcelone avait décidé d'écarter Rafael van der Vaart, Nigel de Jong, Gregory van der Wiel et Ibrahim Afellay. 240 sélections à eux quatre.

Klaas-Jan Huntelaar, Joris Mathijsen, Dirk Kuyt, qui figuraient eux dans la sélection, ont suivi la rencontre depuis le banc de touche. Quelle révolution!

Il y a fort à parier qu'il en sera de même mardi face à la Hongrie.

Van Gaal a principalement fait deux constats au terme d'un Euro-2012 catastrophique (trois défaites et une élimination sans gloire au premier tour). Un: la défense n'a jamais été à la hauteur. Deux: la guerre des égos a comme souvent nui à la cohésion sur le terrain.

Le sélectionneur Oranje a donc complètement modifié son quatre arrière. Exit donc le gardien Maarten Stekelenburg (au profit de Tim Krul). Adieu (provisoire ?) à Van der Wiel et Mathijsen. L'arrière-droit Jaryl Janmaat a évincé Van der Wiel (nouveau défenseur du PSG) tandis que Bruno Martins Indi a pris la place de Mathijsen dans l'axe.

Face à la Turquie, la défense s'est montrée solide, mais il faudra la revoir face à plus rude opposition.

Le deuxième chantier de Van Gaal, celui qui concerne la mentalité des joueurs, a lui aussi débuté sous de bons auspices.

"Sur le plan de la cohésion, ce fut parfait face à la Turquie. Chacun s'est battu pour l'équipe, sans tirer la couverture à soi", s'est réjoui le nouveau capitaine, Wesley Sneijder.

En ne sélectionnant pas Mark van Bommel, Nigel de Jong et Rafael van der Vaart, Van Gaal a écarté quelques anciens patrons du vestiaire Oranje. Ces derniers auraient pris trop de pouvoir sous Van Marwijk, selon plusieurs médias. Van Gaal veut montrer que le patron, c'est lui.

Mais il lui reste encore beaucoup à faire. Van Gaal avait assuré que Huntelaar serait son titulaire en pointe, au détriment de Robin van Persie. Mais devant la forme affichée par le joueur de Manchester United, le technicien s'est finalement résolu à l'aligner, laissant Huntelaar sur le banc vendredi. Van Persie a marqué et Huntelaar a fait la tête durant 90 minutes.

Gérer ce problème de riche -ce que Van Marwijk n'avait pas su faire durant l'Euro- sera peut-être l'un des principaux défis de Van Gaal.

bnl/sk

PLUS:afp