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L'universitaire Hassan Cheikh Mohamoud élu président de la Somalie (AFP)

10/09/2012 02:25 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

L'universitaire Hassan Cheikh Mohamoud, 56 ans, a créé la surprise lundi en étant élu président de Somalie au deuxième tour par les députés réunis à Mogadiscio, en recueillant la majorité absolue des suffrages, a constaté un journaliste de l'AFP, présent lors du décompte.

Hassan Cheikh Mohamoud, qui faisait pourtant figure d'outsider, a recueilli 190 voix contre 79 au chef de l'Etat sortant Sharif Cheikh Ahmed, donné favori du scrutin, selon un décompte effectué par l'AFP.

Cet universitaire sans appartenance politique marquée était arrivé deuxième du premier tour, qui réunissait 25 candidats, avec 60 voix contre 64 au président sortant. Sa victoire a été saluée par des tirs de joie dans la capitale Mogadiscio.

Hassan Cheikh Mohamoud issu du même clan des Hawiye que le président sortant, est lié au parti al-Islah, pendant somalien des Frères musulmans implanté de longue date dans le pays. Fondateur d'une université à Mogadiscio, il a travaillé au côté de plusieurs organisations internationales en Somalie.

Son élection parachève un long et complexe processus politique parrainé par l'ONU, destiné à remplacer les différentes autorités de transition qui se sont succédées depuis 2000 par des institutions pérennes et à doter la Somalie d'un réel gouvernement central dont elle est privée depuis la chute du président Siad Barre en 1991, qui l'a plongée dans le chaos.

Quelque 270 députés somaliens - sur le total de 275 devant siéger à terme - s'étaient réunis lundi sous très haute sécurité à l'Ecole nationale de police pour élire le chef de l'Etat.

La victoire inattendue de Hassan Cheikh Mohamoud fait mentir les analystes qui craignaient que le processus reconduise au pouvoir les mêmes personnalités, dont le nom est parfois associé à des scandales de corruption, notamment de détournement d'aide humanitaire.

Un rapport récent de l'ONU estimait que sous le mandat de Sharif Cheikh Ahmed, élu en 2009 après avoir rallié les institutions de transition qu'il combattait auparavant à la tête d'une rébellion islamique, "détournements de fonds systématiques, accaparement pur et simple de fonds et vols d'argent public sont devenus des systèmes de gouvernement".

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