NOUVELLES
10/09/2012 01:17 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Les obsèques de Denis Blanchette ont lieu lundi après-midi, à Montréal

Agence QMI

MONTRÉAL - La cérémonie de commémoration nationale organisée pour rendre hommage à Denis Blanchette, ce technicien en éclairage abattu au Métropolis mardi dernier en marge des célébrations entourant la victoire électorale du Parti québécois, s'est déroulée lundi après-midi sous haute sécurité dans l'est de Montréal.

En début de cérémonie en l'église Saint-Donat, le curé Joseph Dubé a demandé aux participants de méditer sur le pardon.

«On ne peut pas penser fêter la mort, ça n'aurait pas de sens, a-t-il lancé plus tard pendant son homélie. On peut alors penser fêter la vie, la vie de Denis, une vie humaine bien simple, qui a eu ses hauts et ses bas, la vie d'un homme qui a cherché à aimer du mieux qu'il a pu.»

Devant les quelque 300 personnes qui s'entassaient dans l'église, un ami de la victime, Denis Bourgault, a rendu hommage à «son ami, son complice, son frère».

«Aujourd'hui c'était la dernière fois qu'on te voyait avec nos yeux, mais on était habitués de te voir avec notre coeur plus qu'avec nos yeux, nous autres», a-t-il affirmé, la voix chevrotante.

«C'est comme ca qu'on va te regarder, jusqu'a ce qu'on aille te rejoindre. Tu es sorti par la grande porte le gros, tu es fidèle à ton image. Tu es passé outre les risques et les dangers, tu as encore pensé aux autres avant de penser à toi. C'est pour ça qu'on t'aimait.»

Puis, comme s'il voulait exprimer que le Québec se souviendra de la mort de son ami, M. Bourgault a ajouté, la gorge nouée: «Je ne te dirai jamais adieu le gros, je vais te dire au revoir. Je t'aime.»

À l'extérieur de l'église, entre 200 et 300 badauds, dont certains brandissaient des drapeaux du Québec ou des Patriotes, s'étaient massés sur place, mais ils étaient tenus à l'écart par la police. Des haut-parleurs avaient été installés pour leur permettre de suivre la cérémonie.

Plusieurs rues avaient été fermées autour de l'église Saint-Donat, dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, pendant que des policiers équipés de détecteurs de métal et des maîtres-chiens patrouillaient les lieux.

De nombreux dignitaires, dont la première ministre élue Pauline Marois, étaient sur place.

«Nous devons beaucoup à la famille de Denis Blanchette, parce qu'on sait qu'il a probablement évité que le drame soit encore plus grand qu'il ne l'a été», a-t-elle déclaré, faisant référence à une probable intervention de la part de M. Blanchette mardi soir dernier pour empêcher que l'auteur de la fusillade, Richard Henry Bain, entre dans le Métropolis et fasse encore plus de victimes.

«Mes pensées vont à sa mère, à ses soeurs et à sa fille», a ajouté Mme Marois.

Le gouvernement libéral était représenté par le ministre des Finances, Raymond Bachand, et la ministre du Travail, Lise Thériault. Les députés péquistes Maka Kotto, Jean-François Lisée, Bernard Drainville et Léo Bureau-Blouin étaient aussi présents.

Le gouvernement fédéral était représenté par le ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney.

La mère de Dave Courage, l'autre technicien blessé lors de la fusillade, était présente pour témoigner de sa solidarité envers la famille de la victime.

Une cérémonie de commémoration nationale est organisée pour rendre hommage à un individu ayant posé un geste de bravoure ou encore à une victime innocente. Les drapeaux étaient en berne à l'Assemblée nationale, à Québec.

M. Blanchette, un homme de 48 ans père d'une fillette de quatre ans, a perdu la vie quand il a été atteint d'une balle apparemment tirée par Bain, à l'entrée arrière du Métropolis.

Bain fait face à 16 accusations, dont une de meurtre prémédité en lien avec la mort de M. Blanchette.

INOLTRE SU HUFFPOST

Commémoration nationale pour Denis Blanchette
Attentat contre Pauline Marois