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Les joueurs en échec avant

10/09/2012 12:19 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Les joueurs de la Ligue nationale peuvent-ils légalement empêcher les dirigeants du circuit de décréter un lock-out vendredi?

La semaine dernière, l'Association des joueurs (AJLNH), par l'entremise de ses membres du Canadien de Montréal, a déposé une mise en demeure demandant aux tribunaux de déclarer illégale la stratégie du lock-out des propriétaires, qui veulent mettre la clé sous la porte le 15 septembre.

L'argument principal des joueurs est qu'ils ne sont pas, à proprement parler, regroupés en syndicat au sens strict du Code du travail du Québec. Or, il s'agirait là d'une arme à double tranchant.

Selon Me Éric Thibeault, un avocat du droit du travail de la CSN, à moins que le statut de l'AJLNH ait changé au cours des dernières heures, les avocats de la LNH s'empresseront de faire valoir que le Code du travail québécois n'est pas en cause. Ils prétendront qu'il s'agit plutôt ici d'une affaire relevant du Code civil.

Au moment d'écrire ces lignes, le Canadien représente un employeur au sens de la loi. L'AJLNH n'est pas un syndicat, mais elle pourrait le devenir.

Toutefois, la directrice des communications de la Commission des relations de travail du Québec, Céline Jacob, assure qu'aucune requête en ce sens n'a été reçue.

Si une demande en ce sens était déposée, il faudrait plusieurs jours avant que la cause puisse être entendue.

Ramener les patrons à la table

Dans sa forme actuelle, la requête légale des joueurs n'aurait pour unique effet que d'obliger les dirigeants de la ligue à s'asseoir et à négocier.

C'est du moins ce qu'a affirmé l'ancien attaquant du Canadien Mathieu Darche, joint par Radio-Canada Sports dans les bureaux new-yorkais de l'AJLNH.

« La mise en demeure déposée vendredi a pour but de demander l'aide du gouvernement du Québec et de forcer la LNH à négocier. Nous croyons que le déclenchement d'un lock-out n'est pas nécessaire. Certains trouveront bizarre de voir des sportifs professionnels agir ainsi. Mais les lois sont là pour tout le monde, dans toutes les industries. Il faut aussi penser aux effets d'un lock-out sur les employés du Centre Bell par exemple. »

Darche a confirmé que des démarches similaires avaient été entreprises par l'AJLNH en Alberta et en Ontario.

Selon lui, aucune rencontre entre joueurs et propriétaires n'est prévue à court terme.

« Nous sommes ici pour tenir des discussions à l'interne. Mais on ne sait jamais. Nous pensons qu'il est encore possible d'éviter un lock-out. Pourquoi ne pas ouvrir les camps et poursuivre la négociation pour éviter un retard dans la saison? La date du 15 septembre n'a de l'importance que si on lui en donne », a conclu Darche.

Est-ce que l'obtention d'un salaire dans le cas où le lock-out serait jugé illégal au Québec a motivé les démarches des joueurs? Non, a répondu le défenseur du Canadien Josh Gorges dans une conférence téléphonique de l'AJLNH tenue en fin d'après-midi lundi.

« Nous n'agissons pas ainsi pour que les joueurs de Montréal soient payés, a indiqué Gorges. Nous voulons mettre de la pression sur les propriétaires et parallèlement, nous voulons nous entraîner pour ne pas perdre de temps. Nous voulons montrer que nous sommes prêts à jouer et que nous voulons jouer. »

Une perte de temps?

Le porte-parole de la LNH, le commissaire adjoint Bill Daly, a qualifié la démarche des joueurs de « distraction inutile ».

« Nous ferons ce qui sera légalement nécessaire », a déclaré Daly au quotidien USA Today.

Dans une autre entrevue récente à la Presse canadienne, Daly a ajouté que « le commissaire (Gary Bettman) n'a pas besoin d'autorisation particulière des gouverneurs pour déclencher un lock-out. Cela lui a déjà été accordé dans le cadre de son mandat de diriger les négociations ».

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