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10/09/2012 10:38 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

«La Ligue a planté une hache de guerre» - Martin Leclerc

L'oppositon de l'Association des joueurs de la LNH s'organise autour de l'étude des codes du travail dans les provinces canadiennes pour empêcher la LNH de déclencher un lock-out.

Le journaliste Martin Leclerc a rappelé à RDI, lundi, que ce n'est pas la première fois que l'Association a recours à cette manoeuvre de défense.

« En 2005, l'Association des joueurs avait déposé une demande d'accréditation auprès du ministère du Travail du Québec pour que l'association des joueurs soit reconnue comme un syndicat en bonne et due forme, explique Martin Leclerc. La pensée à l'époque était d'empêcher la LNH d'utiliser des joueurs de remplacement, des "scabs" au cours d'une 2e saison de lock-out. Et la LNH s'était farouchement opposée à ça. »

« L'association des joueurs retourne cette opposition contre la LNH en disant : vous n'avez pas le droit, selon la loi québécoise, de mettre en lock-out un syndicat qui n'est pas accrédité au Québec, poursuit Martin Leclerc. Est-ce que les joueurs auront gain de cause ou pas ? L'association des joueurs est en train de lever des oppositions en Ontario, en Alberta. On regarde pour le faire dans les autres provinces. »

« La plupart des codes du travail considèrent ça comme un geste très grave de déclencher un lock-out. Faut qu'il y ait eu des négociations, faut voir si les parties se parlent encore, si ce n'est pas l'ultime recours, les lois essaient d'empêcher ça le plus possible. »

Martin Leclerc admet que la situation est mal engagée, et que la Ligue nationale a décidé dès le départ d'adopter la ligne dure, oubliant les belles promesses de 2005.

« Les propriétaires ont planté une hache de guerre au milieu de la table dès la première rencontre de négociations, estime Martin Leclerc, en disant : nous, on demande 24 % de concessions salariales de la part des joueurs, alors que la Ligue vient de connaître 7 années de revenus records d'affilée. Après le dernier lock-out, on était à 2 milliards de revenus, là, on est à 3,3 milliards. C'est très surprenant.

« Au dernier règlement, les propriétaires disaient qu'ils étaient partenaires avec les joueurs, que c'était un grand partenariat, que l'avenir de la ligue et la continuité étaient assurés. Ce n'est plus le même discours. »

Trouver les moyens de contrer la LNH

Ce qui oblige l'Association des joueurs à utiliser tous les outils mis à sa disposition.

« Donald Fehr, le directeur exécutif de l'Association des joueurs est un avocat très méticuleux, spécialiste du droit du travail, qui va exploiter les codes du travail un peu partout pour jeter des barrières sur le chemin des propriétaires avant le déclenchement du lock-out.

« Le fait qu'il y a des recours, ça veut dire que ça mal, honnêtement. Les recours déposés jeudi et vendredi dernier montrent que les discussions vont dans une impasse, que les propriétaires se dirigent vers le déclenchement d'un lock-out le 15 septembre, date à laquelle la convention collective actuelle se termine. »

Martin Leclerc craint que le hockey professionnel ne subisse les foudres des amateurs s'il y avait à nouveau lock-out, mais compte tenu des revenus importants, il ne croit pas que ce sera très long.

« Il y a eu un dommage lors du dernier lock-out, et la LNH s'était excusée auprès des amateurs, rappelle le journaliste. Là, on est conscient que s'il y avait un autre lock-out, ce serait encore plus dommageable, peut-être que des gens pourraient virer capot. Mais les revenus sont tellement importants que c'est inimaginable de croire que les propriétaires vont sabrer dans une saison au complet. On va peut-être déclencher un lock-out pour quelques semaines pour aller chercher la meilleure entente possible. Mais on ne va sacrifier une saison, avec près d'un demi-milliard de profits.

Quant à la date limite du 15 septembre imposée par Gary Bettrman, elle n'est pas immuable, dit Martin Leclerc.

« C'est une date limite un peu artificielle, car personne ne subit de dommage. Les camps d'entraînement ne seront pas commencés, ils doivent commencer une semaine plus tard, les matchs ne commencent que vers le 11 - 12 octobre. Les joueurs ne commencent à être payés que deux semaines plus tard.

« Il n'y a aucun dommage économique encore, c'est simplement une date limite fixée par Gary Bettman pour mettre de la pression, conclut Martin Leclerc. Mais aucune des parties ne subit de dommage pécuniaire. »

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