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La crise de l'eau devrait être une priorité de l'ONU (ex-chefs d'Etat)

10/09/2012 03:03 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

La planète est confrontée à une crise de l'eau grandissante, ont mis en garde lundi des anciens dirigeants mondiaux dans un rapport, estimant que cette question devrait être reconnue comme une priorité par le Conseil de sécurité de l'ONU.

"L'impact politique de l'insuffisance d'eau pourrait être dévastateur dans le futur", a expliqué l'ex-Premier ministre canadien Jean Chrétien, co-président du Conseil InterAction (InterAction Council/IAC), un groupe de 40 anciens chefs d'Etat et de gouvernement dont fait partie l'ex-président américain Bill Clinton.

"Utiliser l'eau comme nous le faisons ne permettra pas de répondre aux besoins de l'humanité dans le futur", a-t-il prévenu dans un entretien téléphonique avec quelques journalistes.

Pour cette raison, l'IAC demande "au Conseil de sécurité de l'ONU de considérer l'eau comme l'une des principales préoccupations de la communauté internationale", a ajouté M. Chrétien.

"Commencer sans attendre à gérer les ressources en eau plus efficacement permettra à l'humanité de mieux répondre aux problèmes d'aujourd'hui et aux difficultés et surprises que nous pouvons attendre du réchauffement de la planète", explique le Canadien.

Le rapport de l'IAC souligne que la Chine et l'Inde, les deux pays les plus peuplés au monde pourraient voir leur demande en eau dépasser les disponibilités dans moins de vingt ans.

Le danger de la crise de l'eau est déjà élevé dans de nombreuses parties du globe, en particulier en Afrique subsaharienne et du Nord où les pénuries existent déjà aujourd'hui, relève aussi le document.

Considérant l'accès à l'eau comme une question clé du conflit israélo-palestinien, l'IAC anticipe également de nouvelles tensions internationales provoquées par les futures pénuries d'eau.

Selon ce rapport, dans le monde, quelque 3.800 kilomètres cubes d'eau sont déjà pompés chaque année depuis l'écosystème aquatique. Avec un milliard d'habitants de plus attendus d'ici 2025, la production agricole seule nécessitera mille km3 supplémentaires par an.

Les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays doivent se retrouver pour discuter de cette question en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York du 23 au 29 septembre.

js/sat

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