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10/09/2012 09:37 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Jean Todt pour une F1 moins chère et davantage de sécurité sur les routes

Président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), ancien dirigeant de la Scuderia Ferrari en F1, le Français Jean Todt est favorable à une F1 moins chère et à davantage de sécurité sur les routes, a-t-il expliqué dimanche à Monza à quelques journalistes français.

Q: Quelles sont les priorités de la FIA en cette fin d'année 2012?

R: "Il y a des priorités et des chantiers, mais pas uniquement en F1, à tous les niveaux du sport automobile: réduire les coûts, augmenter le spectacle, s'assurer que l'on tient compte de l'évolution de l'environnement et de l'arrivée de nouvelles technologies, notamment pour améliorer la sécurité sur les routes".

Q: La sécurité, c'est l'un de vos "dadas" comme président de la FIA...

R: "La synergie entre le sport automobile et la sécurité sur les routes est pour moi extrêmement importante. J'en parlais récemment avec la présidente du Brésil et deux champions de F1, Emerson Fittipaldi et Felipe Massa. Il y a 1,3 million de morts chaque année sur les routes, 50 millions de blessés. Il faut continuer à transférer les progrès réalisés dans le domaine de la sécurité, en sport automobile, à la sécurité sur les routes".

Q: Pensez-vous que la F1 coûte trop cher?

R: "Oui, mais je peux le comprendre, car l'équilibre est difficile à atteindre. Chaque équipe veut être plus performante, d'une course à l'autre, donc ça engendre des coûts, mais il y a des limitations financières car il est de plus en plus difficile de trouver des partenaires commerciaux et financiers. Les ventes de voitures baissent, notamment en Europe. L'économie peine, c'est l'une des raisons pour lesquelles beaucoup de Grands Prix sont désormais organisés ailleurs dans le monde, notamment en Asie".

Q: Comment atteindre votre objectif de réduction des coûts, -30% en 2015?

R: "Déjà avec la nouvelle réglementation sur les châssis et les moteurs, à partir de 2014. Ca fait partie d'une vision pour le futur, mais pas seulement. Il va aussi falloir réduire les coûts dans d'autres domaines et augmenter les revenus, en travaillant avec les équipes et le promoteur commercial. On parle aussi d'un contrôle sur les budgets, que la majorité des équipes ont demandé à la FIA, pour qu'un suivi plus strict soit intégré au règlement. La plupart nous demandent de les aider, donc ce n'est pas nous qui allons leur imposer".

Q: Pensez-vous comme certains que la F1 doit changer, se moderniser?

R: "Nous parlons quand même d'un champion, pas d'un malade. La F1 est l'un des sports les plus vus, les plus regardés dans le monde, en dehors des Jeux Olympiques d'été et la Coupe du monde de football. Cette saison 2012 est extrêmement disputée, on ne peut que se féliciter de la manière dont les choses se passent. Mais on ne doit jamais être satisfait de ce qu'on a, on doit avoir plus d'ambition pour la promotion et la visibilité du championnat du monde de F1. Il y a peut-être des choses à changer, des horaires à modifier pour les courses, ou des médias plus modernes que la télévision, la radio et les journaux, comme internet, mais c'est d'abord la responsabilité du détenteur des droits commerciaux de la F1 (ndlr: Bernie Ecclestone). Alors que le rôle de la FIA est d'être le régulateur, le législateur du sport automobile mondial".

Q: Où en est le projet d'un championnat de monoplaces électriques?

R: "A partir de 2014, nous venons de l'annoncer, il y aura un championnat de monoplaces électriques, dans une dizaine de capitales mondiales. J'ai un accord de principe du maire de Rio (Brésil), et beaucoup de grandes villes sont intéressées. Ce sera fondamentalement différent de la F1, avec des formats différents. C'est un clin d'oeil extrêmement séduisant, car la mobilité électrique c'est d'abord pour les villes, pour faire 20 minutes de trajet, ou 100 km maximum chaque jour".

Propos recueillis par Daniel ORTELLI

dlo/gv

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