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Israël exige à nouveau de Washington "une ligne rouge" sur l'Iran

10/09/2012 02:15 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Le gouvernement israélien a de nouveau demandé lundi avec insistance à l'administration Obama de fixer "une ligne rouge claire" pour empêcher le régime iranien de se doter de l'arme nucléaire, faute de quoi "les déclarations ne serviront à rien".

"Sans une ligne rouge claire fixée à l'Iran, celui-ci poursuivra sa course à l'arme nucléaire. Aucune déclaration visant à l'en dissuader ne servira à rien et il continuera à faire tourner ses centrifugeuses", a déclaré à des journalistes un haut responsable israélien sous couvert de l'anonymat.

Le département d'Etat américain a aussitôt rétorqué qu'il n'était "pas utile" d'imposer "une ligne rouge" à l'Iran.

La secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, avait auparavant indiqué que Washington n'avait pas imposé de date butoir à l'Iran, répétant à l'adresse d'Israël que les Etats-Unis privilégiaient la voie de la diplomatie et des sanctions contre Téhéran.

"Nous ne fixons pas de date butoir. Nous observons très attentivement ce qu'ils (les Iraniens, ndlr) font, car leurs actes sont toujours beaucoup plus parlant que leurs mots", a expliqué Mme Clinton dans un entretien à Bloomberg Radio, rendu public lundi par le département d'Etat.

Au même moment, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé à la chaîne canadienne CBC qu'Israël et les Etats-Unis discutaient de la nécessité de définir des "lignes rouges claires" à ne pas franchir par l'Iran dans son programme nucléaire.

Interrogé sur les actions que pourraient prendre Washington afin de déterminer la limite à ne pas franchir par l'Iran, M. Netanyahu est cependant resté évasif, se contentant de réitérer l'importance de la force de dissuasion de cette "ligne rouge".

"Je pense que la question n'est pas seulement celle des sanctions ou des mesures qui pourraient être renforcées pour augmenter la pression sur l'Iran. C'est aussi (la question) d'une délimitation claire de la ligne que l'Iran ne peut pas franchir dans la poursuite du développement de ses capacités nucléaires", a-t-il répondu.

Ces déclarations témoignent des frictions persistantes entre les alliés israéliens et américains sur la crise nucléaire iranienne.

Les médias israéliens ont ainsi fait état d'une rencontre particulièrement "tendue" fin août entre M. Netanyahu et l'ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Daniel Shapiro, à Tel Aviv.

Lors de vifs échanges, "Bibi" Netanyahu aurait reproché au président Barack Obama d'exercer des pressions sur Israël, pour l'empêcher d'agir, sans pour autant imposer les sanctions les plus dures contre l'Iran.

M. Netanyahu a récemment multiplié ses appels à la communauté internationale, et en particulier à l'allié américain, à fixer une "ligne rouge" au régime iranien, une preuve de fermeté, seule capable, selon lui, d'éloigner la menace d'une attaque préventive contre les installations nucléaires iraniennes agitée par Israël.

Pour tenter de faire passer son message, Benjamin Netanyahu ne cesse de dénoncer l'inefficacité des sanctions internationales contre Téhéran et évoque, comme alternative, le scénario d'une opération israélienne contre les installations nucléaires iraniennes sans le feu vert de Washington.

Israël considère l'Iran comme son principal ennemi stratégique et l'accuse de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de programme à des fins civiles, ce que Téhéran dément catégoriquement.

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