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D'ex-leaders mettent en garde contre une crise de l'eau «sans précédent»

10/09/2012 04:01 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

OTTAWA - Un prestigieux groupe d'anciens leaders mondiaux et d'experts tire la sonnette d'alarme à propos d'une crise de l'eau qui menace la paix, la stabilité politique et le développement économique sur la planète.

L'InterAction Council a publié son nouveau rapport, qui conclut que l'impact futur de la rareté de l'eau pourrait être dévastateur.

Ce rapport est publié alors que les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays préparent une rencontre spéciale sur la crise de l'eau qui aura lieu plus tard ce mois-ci en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

Le document du conseil ne réclame pas une intervention spécifique de l'ONU.

L'ancien premier ministre canadien Jean Chrétien, qui copréside le conseil, affirme cependant que le groupe tente d'attirer l'attention sur l'urgence de la crise, dans l'espoir que le Conseil de sécurité reconnaisse l'eau comme un important enjeu de sécurité à l'échelle mondiale.

Zafar Adeel, directeur de l'Institut pour l'eau, l'environnement et la santé de l'Université de l'ONU, a expliqué que le Conseil de sécurité ne s'était jamais penché spécifiquement sur la sécurité de l'eau.

Le rapport, préparé conjointement avec l'institution de l'Onu, installée à Hamilton, et la Fondation Walter et Duncan Gordon, de Toronto, souligne que 4500 enfants meurent chaque jour, victimes de maladies liées à la consommation d'eau non potable ou de mesures d'hygiène déficientes.

Et le problème ne pourra qu'empirer, prévient l'InterAction Council.

Alors que la population mondiale augmentera d'un milliard de personnes d'ici 2025, 1000 milliards de mètres cubes d'eau seront nécessaires chaque année, soit l'équivalent du cours de 20 fleuves Nil ou de 100 fleuves Colorado.

Dans moins de 20 ans, la demande pour l'eau devrait dépasser les ressources disponibles en Inde et en Chine, les deux pays les plus peuplés du monde. Les effets des changements climatiques provoqueront d'ailleurs des sécheresses dans certaines régions de la planète, et des inondations ailleurs.

Le rapport prévoit que des conflits pourraient bien éclater pour le contrôle des ressources en eau qui s'amenuisent, en particulier dans des régions déjà instables, tel au Proche-Orient et en Afrique.

«Alors que certaines de ces nations sont déjà politiquement instables, de telles crises pourraient avoir des répercussions régionales qui iront bien au-delà de leurs frontières politiques», affirme l'ancienne première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland dans la préface du rapport.

«Même dans les régions politiquement stables, le statu quo pourrait très bien être fortement ébranlé par une rupture de la stabilité dans le tableau hydrologique.»

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