Le PDG de Bell, George Cope, a annoncé qu'il lancerait un service de nouvelles francophones à l'échelle du pays si BCE peut acheter Astral Média. Ce service de nouvelles en continu serait établi à Montréal, a-t-il expliqué dans le cadre de sa présentation aux audiences publiques du CRTC, qui s'ouvraient lundi.

M. Cope a aussi promis que les décisions concernant les chaînes de télévision continueraient d'être prises à Montréal. De plus, BCE lancerait d'autre part une offre de films en ligne, disponible en français et en anglais, pour concurrencer au Canada le fournisseur américain Netflix.

Par ailleurs, BCE a aussi signalé son intention de se départir de 10 stations de radio dans cinq régions canadiennes, soit trois à Vancouver, deux à Winnipeg, une à Calgary, deux à Toronto et deux à Ottawa, pour se conformer aux règles du CRTC. Celles-ci stipulent qu'une entreprise ne peut pas exploiter plus de trois stations dans une même langue dans un marché où l'on compte moins de huit stations commerciales.

Ces engagements pourraient aider Bell à rassurer le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), alors que les concurrents de l'entreprise de télécommunications affirment que la transaction « anticoncurrentielle » limiterait l'offre et la création d'émissions canadiennes.

À ce sujet, Bell avait publié un communiqué annonçant qu'elle s'engageait à investir 80 millions de dollars dans la production de contenu en français à la télévision, à la radio et sur des plateformes numériques. Le PDG de l'entreprise assure lundi au CRTC que la transaction est dans l'intérêt du public et qu'elle ne diminuerait en rien la diversité des voix.

Si la transaction entre Bell et Astral est autorisée, elle serait la plus importante de l'histoire des médias canadiens.

Bell est déjà propriétaire d'une trentaine de chaînes télévisées, dont CTV et RDS, alors qu'Astral possède 24 chaînes, dont Canal Vie et Séries+. Les deux entreprises sont aussi très actives dans le domaine de la radiodiffusion, Bell possédant 33 stations et Astral, 84.

Devant le CRTC, George Cope a de nouveau déploré la campagne de communications menée par ses concurrents, notamment Québecor et Cogeco, pour « diaboliser » la transaction de 3,38 milliards pour acquérir Astral Média. Il les accuse de désinformation et de propagande intéressée.

Une guerre de chiffre

Lorsqu'une entreprise médiatique risque d'accaparer plus de 35 % des parts de marchés avec une transaction, le CRTC se montre réticent. À partir de 45 %, il s'oppose carrément à une telle transaction.

Selon Bell, si la transaction est entérinée, sa part de l'auditoire francophone atteindrait 24 %, comparativement à 30 % pour Québecor. Pour l'auditoire anglophone, elle atteindrait 33,5 %.

Par contre, si l'on observe l'ensemble du marché canadien, Bell se retrouvait avec une part de marché de 40 %.

La menace de la concentration des médias

L'Union des consommateurs craint une augmentation des tarifs pour les consommateurs si la transaction se fait. « Selon nous, le fait que Bell acquière Astral va lui permettre de négocier très fermement avec les petits distributeurs et va amener tout le monde vers la hausse, avec entre autres, cette tendance à offrir des bouquets de chaîne dont on ne veut pas nécessairement », explique Charles Tanguay, porte-parole de l'Union des consommateurs.

M. Tanguay souligne par ailleurs l'ironie du fait que Québecor critique une trop grande concentration des médias alors que cet argument pourrait facilement être retourné contre elle-même, estime-t-il.

L'organisme Option consommateur est du même avis. Il invitait d'ailleurs en août les Québécois à signer une pétition pour demander au Bureau du (CRTC) de bloquer la transaction.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes entendra les entreprises de télécommunications Québecor et Shaw mardi, ainsi que d'autres intervenants tout au long de la semaine. Ces audiences publiques du CRTC se déroulent jusqu'à jeudi au Palais des congrès de Montréal.

L'organisme public qui surveille et réglemente les systèmes canadiens de la radiodiffusion doit également entendre les points de vue de producteurs, de groupes cinématographiques et de défenseurs des droits des consommateurs.

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  • Bell achète Astral

    Le PDG d'Astral, Ian Greenberg, 70 ans, à l'assemblée générale du 13 décembre dernier. Il cherchait à vendre Astral depuis plusieurs mois. (PC/Frank Gunn)

  • Bell achète Astral

    Astral possède 84 stations de radio à travers le Canada, dont 29 au Québec. L'entreprise opère également 24 chaînes de télévision payantes et spécialisées, dont Musique Plus, Musimax, Super Écran et Ciné Pop, de même qu'une division d'affichage extérieur. (PC)

  • Bell achète Astral

    Le PDG de Bell, George Cope, à gauche, accompagné par Larry Tanenbaum par le PDG de Rogers, Nadir Mohamed President, le 9 décembre dernier. Ils venaient de faire l'acquisition conjointe des Maple Leafs, des Raptors (NBA) et du Toronto FC (MLS). (PC/Chris Young)

  • Bell achète Astral

    Bell Média possède le réseau CTV et ses 27 stations affiliées partout au pays. L'entreprise compte également une participation financière dans 30 chaînes de télévision spécialisées, dont RDS et TSN. Elle contrôle également 15 % des intérêts du quotidien The Globe and Mail et 33 stations de radio acquises de CHUM, de même que bon nombre de propriétés sur le web. (PC)


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  • Les 7 géants des médias au Canada

  • Postmedia - 1,1 milliard $

    Postmedia a été créée en 2010, après le démantèlement de Canwest. Un consortium mené l'ancien PDG de Canwest Paul Godfrey a acheté actifs des journaux de Canwest, dont le National Post, le Ottawa Citizen et le Calgary Herald, de même que deux quotidiens de Vancouver. En photo: le PDG de Postmedia, Paul Godfrey <em>*Selon les chiffres annoncés par l'entreprise</em>

  • Torstar - 1,48 milliard $

    Torstar détient le Toronto Star, plus important quotidien au pays. L'entreprise détient aussi la chaîne de magazine Metroland et l'éditeur Harlequin, qui publie des romans à l'eau-de-rose. En photo: l'édifice de Torstar à Toronto <em>*Selon les chiffres annoncés par l'entreprise</em>

  • Shaw - 4,74 milliards $

    Le géant du câble dans l'ouest canadien est entré dans les ligues majeures en 2009 avec l'achat de plusieurs affiliés de CTV. L'entreprise fondée par Jim Shaw est toujours contrôlée par sa famille. En photo: le PDG Brad Shaw <em>*Selon les chiffres annoncés par l'entreprise</em>

  • Quebecor - 9,8 milliards $

    Fondée par Pierre Péladeau, l'entreprise détient Sun Media et la chaîne de quotidiens Osprey, de même que Vidéotron, TVA et nombre de publications et de sites web. Le fils de Pierre Péladeau, Pierre-Karl, a occupé le poste de PDG de 1999 à 2013. Depuis mars 2013, Robert Dépatie occupe ce poste. Photo: Pierre-Karl Peladeau <em>*Selon les chiffres annoncés par l'entreprise</em>

  • Rogers - 12,1 milliards $

    Fondée par Ted Rogers, Rogers Communications est un acteur de premier plan dans le secteur du câble et des services sans-fil. L'entreprise contrôle Rogers Media, qui détient 70 publications, 54 stations de radio et plusieurs chaînes de télé, dont CityTV et The Shopping Channel. En photo: Le PDG de Rogers, Nadir Mohamed <em>*Selon les chiffres annoncés par l'entreprise</em>

  • Woodbridge (Thomson Reuters) - 13,8 milliards $

    Woodbridge est le holding de la milliardaire famille Thomson. L'entreprise contrôle 55 % de Thomson Reuters, l'une des plus grandes organisations médias. En photo: le fondateur Kenneth Thomson photographié en 2003. <em>*Selon les chiffres annoncés par l'entreprise</em>

  • Bell Canada (BCE) - 18,1 milliards $

    BCE est l'une des plus importantes entreprises canadiennes, avec ses services de téléphonie, de web et de télévision. Sa filiale Bell Média a acheté les stations de radio du groupe CHUM en 2006, et celles d'Astral Media en 2012. Bell détient également le réseau CTV. <em>*Selon les chiffres annoncés par l'entreprise</em>