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09/09/2012 04:32 EDT | Actualisé 08/11/2012 05:12 EST

Nordhaug en pleine confiance

On attendait un Norvégien et un coureur de la formation Sky sur la première marche du podium de la troisième édition du Grand Prix de Montréal dimanche, mais pas forcément Lars Petter Nordhaug.

Un texte de Manon Gilbert

Le Norvégien, au service de son coéquipier et compatriote Edvald Boasson Hagen, l'un des grands favoris, a saisi sa chance lors d'une des nombreuses relances dans le 17e et dernier tour pour signer, à 28 ans, la plus importante victoire de sa carrière.

Même s'il quitte Sky à la fin de la saison, Nordhaug ne figurera jamais dans le livre des grands oubliés puisqu'il s'agit du 100e triomphe la formation britannique, à sa troisième année d'existence.

Au terme des 205,7 km (17 tours de 12,1 km), Nordhaug a distancé, sur l'avenue du Parc, l'Italien Moreno Moser (Liquigas) et le Russe Alexandr Kolobnev (Katusha) par deux secondes.

Sacré à Québec vendredi, Simon Gerrans a dominé le peloton pour prendre le 4e rang, à 4 secondes du gagnant, devant Boasson Hagen, 2e dans la Vieille Capitale en 2010.

« Je ne m'y attendais pas du tout. Je travaillais pour Edvald. J'ai creusé un trou et j'ai foncé. Je me pensais super fort. Avec 3 km, mon directeur sportif m'a dit d'attaquer, mais je pensais me faire battre au sprint », a expliqué le vice-champion sur route norvégien qui a savouré son troisième succès de la saison.

C'est sur le chemin de la Côte Sainte-Catherine que Nordhaug a exécuté son numéro au moment où il se trouvait au sein du peloton d'une vingtaine de coureurs qui avait basculé en tête au sommet de l'ultime montée de Camilien-Houde. Le Norvégien a pris la poudre d'escampette pour filer seul pendant un kilomètre jusqu'à ce que Moser, Kolobnev et le Belge Björn Leukemans (Vacansoleil), finalement 6e, sautent dans sa roue.

Dans le final, sur un faux plat montant, Kolobnev a durci le rythme pour passer tête sous la flamme rouge. Mais Nordhaug n'avait pas dit son dernier mot.

Pourtant, il y a un an à peine, Nordhaug n'aurait probablement jamais pris pareille initiative à quelques kilomètres de l'arrivée. Un changement d'entraîneur, mais également le soutien et les conseils de son coéquipier Michael Barry, 57e du jour, l'ont aidé à croire en ses moyens.

« Lars était souvent là dans les classiques, dans les Ardennes. C'est un très bon coureur. Il n'avait pas confiance en lui ces dernières années. Il marche vraiment bien sur du dur comme ça. L'an prochain, il va gagner beaucoup de courses », a assuré le Canadien qui mettra un terme à sa carrière au mois d'octobre.

Hesjedal, Veilleux et Parisien trop courts

Contrairement aux années passées, la course d'attrition habituelle n'a pas eu lieu, le peloton restant groupé jusque dans le dernier tour. Une fois l'échappée du jour reprise, quelques attaques ont fusé ici et là, mais sans succès.

Dans l'ultime ascension de Camilien-Houde, le Québécois David Veilleux (Europcar) a profité d'un léger relâchement pour répondre à l'attaque de David Tanner. Ryder Hesjedal (Garmin) lui a emboîté le pas au grand plaisir de la foule qui encourageait à grands cris les deux Canadiens, mais le champion du Tour d'Italie n'avait pas le coup de pédales pour aspirer aux grands honneurs.

« J'aurais aimé me sentir aussi bien qu'en 2010 et améliorer ma 3e place. Mais il faut être réaliste, j'étais très fort en début de saison et je ne peux pas toujours être au sommet, a déclaré Hesjedal qui avait renoué avec l'action à Québec après un mois de congé. Même si j'avais essayé de m'échapper, je n'avais pas les jambes pour prendre leur roue. »

Contrairement à Veilleux, Hesjedal a réussi à s'insérer dans le peloton de tête pour signer la meilleure performance canadienne avec sa 23e place, à 11 secondes du champion du jour.

Veilleux, 24e avec un retard de 22 s, s'est d'ailleurs dit surpris de voir autant de coureurs dans les derniers tours. Raison pour laquelle il a peut-être jeté ses cartes trop tôt, ce qui lui a fait rater le train.

« J'ai tenté ma chance, je me sentais bien. Soit que ça partait en costaud dans la côte Camilien-Houde et je n'étais pas capable de suivre, soit ça arrivait dans un sprint regroupé et ce n'était pas à mon avantage non plus. Si j'avais été 150 mètres plus loin, j'aurais été capable d'accrocher le groupe de tête », a affirmé le coureur de Cap-Rouge.

Croisant la ligne d'arrivée tout juste dans la roue de Veilleux, François Parisien, 10e à Québec, est resté coincé sous l'impulsion des meneurs dans la montée finale. Sa 25e position lui a laissé un goût amer puisque tous ses coéquipiers de SpiderTech s'étaient dévoués à sa cause.

« L'équipe s'est sacrifiée à 100 % pour moi aujourd'hui, a avoué le Repentignois, un peu nerveux après sa prestation vendredi. Avec les jambes que j'avais à Québec, on jouait la gagne. Je me suis excusé auprès des gars de ne pas avoir été capable de rejoindre le premier groupe. J'étais à 10 mètres près, mais je n'ai juste pas été assez fort.

« J'ai essayé de suivre Thomas Voeckler pendant la journée, il était toujours bien placé. Dans la dernière montée, il est passé à côté de moi sur le gros plateau. Je l'ai regardé et je me suis dit : je vais essayer de monter comme je peux. »

Le vétéran de 30 ans, qui n'a repris la compétition qu'en juin en raison d'une blessure à un genou, espère toutefois que ses performances du week-end lui vaudront une place dans l'équipe canadienne pour les Championnats du monde. Sa dernière présence aux mondiaux remonte à 2006.

Le film de la course...

Parcours oblige, les coureurs se sont montrés beaucoup moins entreprenants en début de course qu'à Québec vendredi.

L'échappée du jour s'est dessinée au troisième tour sous l'impulsion de Manuele Boaro (Saxo Bank). L'Italien de 25 ans, 2e du Circuit de la Sarthe et 3e du Tour du Danemark cette saison, a fait faux bond au peloton dans l'ascension du chemin de la Polytechnique.

Cyril Gauthier (Europcar) et Egoi Martinez, 17e du récent Tour de France, ont contre-attaqué pour rejoindre Boaro à la base de Camilien-Houde au début du tour suivant. Au fil des boucles, le trio s'est forgé jusqu'à 7 min 45 s d'avance sur le peloton.

Au huitième tour, Kristijan Koren (Liquigas) et Simone Ponzi (Astana) sont partis en contre sur le chemin de la Côte Sainte-Catherine. Le duo n'a jamais réussi à faire la jonction avec l'échappée, se rapprochant au mieux à deux minutes. Cinq tours plus tard, en plein effort sur Camilien-Houde, ils ont rendu les armes.

Boaro a lâché prise sur ses compagnons dans la 14e ascension de Camilien-Houde pour se faire avaler au sommet. Gauthier et Martinez ont subi le même sort au même endroit deux tours plus tard.

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