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09/09/2012 05:36 EDT | Actualisé 09/11/2012 05:12 EST

Israël: un journal de la droite religieuse rachète le quotidien Maariv

Un des principaux journaux israéliens, le quotidien populaire de centre-droit Maariv, menacé de disparition par de graves et persistantes difficultés financières, a été racheté in extremis par un journal de la droite nationaliste religieuse, rapportaient dimanche les médias.

Selon un accord de principe conclu et annoncé vendredi soir, le groupe Discount Investment de Nochi Dankner s'est résigné à se défaire du Maariv pour 80 millions de shekels (15,7 millions d'euros) au profit du quotidien Makor Rishon de Shlomo Ben-Zvi, proche des colons israéliens.

M. Ben-Zvi, éditeur et rédacteur en chef de Makor Rishon, exerce une profonde influence sur les nombreuses publications et selon le journal économique TheMarker, "il devrait exercer son influence en vue d'un changement de la ligne éditoriale" du Maariv.

"Personne ne m'a jamais dicté une ligne idéologique et personne ne me dira jamais quoi écrire", a réagi dimanche Shalom Ben Dror, un des journalistes vedettes du Maariv, interrogé par la radio publique.

Toujours selon la radio, les quelque 2.000 employés du Maariv devait se réunir dimanche pour examiner les conséquences de l'accord qui prévoit, selon les médias, le licenciement de pas moins de 80% d'entre eux.

Fin 2011, la rédaction employait 377 personnes, l'administration 136 et l'imprimerie 177, tandis que 1.327 autres s'occupaient de sa diffusion et du marketing.

L'accord, pas encore officiellement finalisé, prévoit également la cession à Makor Rishon de la plupart des avoirs du Maariv, notamment sa maison d'édition, sa version en ligne, ses suppléments hebdomadaires locaux ou encore ses propriétés intellectuelles.

Le groupe de M. Dankner devrait cependant rester propriétaire de l'immeuble abritant l'imprimerie du Maariv à Bat Yam, près de Tel-Aviv.

Il y a à peine 17 mois, Maariv avait été racheté pour 300 millions de shekels (58,8 millions d'euros) par le groupe de M. Dankner, actuellement en difficulté.

Au fil du temps, de nombreux titres ont disparu en Israël, notamment en raison d'une concentration croissante de la presse aux mains de grands groupes comme celui du quotidien populaire Yédiot Aharonot, ou encore de l'apparition sur le marché de son concurrent gratuit à grande diffusion Israël Hayom, dont le propriétaire, Sheldon Adelson, est considéré comme très proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

ChW/sbh

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