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09/09/2012 12:53 EDT | Actualisé 09/11/2012 05:12 EST

Force de paix dans l'est du Congo: pas de progrès au sommet de Kampala

KAMPALA, Ouganda - Le sommet des pays de la région des Grands Lacs consacré au déploiement d'une force militaire internationale "neutre" dans l'est du Congo-Kinshasa s'est achevé sans que les participants se soient mis d'accord, ont indiqué dimanche des officiels africains et des analystes au lendemain de la clôture de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

La situation s'est tendue dans la région avec l'apparition du Mouvement du 23-Mars (M23), qui regroupe d'anciens supplétifs de l'armée congolaise dans l'est du pays et que Kinshasa soupçonne d'être soutenu par le Rwanda.

Ces Tutsis, mobilisés autrefois par Kinshasa pour lutter contre les rebelles hutus rwandais dans la région sous la bannière du Conseil national pour la défense du peuple (CNDP), se sont révoltés cette année en reprochant au gouvernement congolais de ne pas les avoir intégrés dans l'armée régulière comme le stipulait un accord conclu le 23 mars 2009.

Le Rwanda a pour sa part rejeté un rapport onusien l'accusant de soutenir activement le M23, un mouvement dirigé par l'ancien général Bosco Ntaganda, recherché pour crimes de guerre. Les rebelles, qui contrôlent les collines situées à 30km de Goma, ont depuis établi une administration parallèle dans les territoires qu'ils contrôlent.

Plus de 200 000 villageois au Nord-Kivu ont été déplacés en raison des combats dans la région, selon l'ONU qui évalue par ailleurs à 57 000 le nombre de Congolais ayant fui vers l'Ouganda et le Rwanda voisins.

Au sommet de Kampala, la Tanzanie, le Kenya, l'Angola et le Congo-Brazzaville ont bien proposé de contribuer à la force internationale qui serait déployée dans la région sous l'égide de l'ONU et de l'Union africaine, mais aucun n'a donné de chiffres, alors qu'on évalue les effectifs de cette force à 4000 hommes.

Pour Angelo Izama, analyste politique au centre de recherches ougandais Fanaka Kwa Wote (FKW), ce sommet a simplement servi de mettre en branle l'ébauche d'une force internationale. Pour l'heure, "elle est encore une fiction", a-t-il dit. "Sur ces quatre pays, lequel dispose d'une armée sérieuse? Il ne s'agit pas de maintien de la paix. Là, on parle de faire respecter la paix" dans cette région en guerre permanente depuis vingt ans.

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