BERNARD ARNAULT - Le patron de LVMH Bernard Arnault, au coeur d'une polémique après sa demande de double nationalité franco-belge, a réaffirmé dimanche qu'il continuera "comme tous les Français" à payer ses impôts en France. Il a aussi refusé toute "interprétation politique" de sa démarche.

"Je suis et je resterai fiscalement domicilié en France et, à ce titre, je remplirai, comme tous les Français, l'ensemble de mes obligations fiscales", a déclaré Bernard Arnault, interrogé par l'AFP. "Notre pays doit compter sur la contribution de chacun pour faire face à une crise économique profonde", a-t-il souligné, en assurant que sa "démarche personnelle engagée depuis plusieurs mois" en Belgique "ne doit faire l'objet d'aucune interprétation politique".

Samedi 8 septembre, La Libre Belgique affirmait que la première fortune d'Europe, Bernard Arnault, souhaitait obtenir la nationalité belge. Aussitôt, la classe politique s'est emparée de l'affaire, en estimant qu'une telle démarche ne pouvait être le fruit que d'une volonté de s'exiler fiscalement. D'autant plus que l'annonce tombait à la fin d'une semaine où la fameuse "taxe 75%" promise lors de la campagne présidentielle par François Hollande refaisait parler d'elle.

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François Fillon, candidat à la présidence de l'UMP, avait ainsi affirmé que le geste de Bernard Arnault était dû aux "décisions stupides" du gouvernement, entraînant "ces résultats effrayants". L'extrême gauche avait de son côté critiqué une "lâche trahison" et avait demandé que soit voté une loi pour taxer l'exil fiscal.

Mais dans la journée, Bernard Arnault avait déjà une première fois voulu mettre les points sur les i dans un communiqué: "Contrairement aux informations publiées ce jour, M. Bernard Arnault précise qu'il est et reste résident fiscal français. L'obtention éventuelle de la double nationalité franco-belge ne change rien à cette situation." Plus tard, une source anonyme affirmait que l'homme le plus riche de France cherchait à obtenir la double nationalité non pas pour un éventuel exil fiscal mais pour un projet d'investissement "sensible".

Des explications qui n'ont pas suffi à calmer les politiques, qui ont continué à commenter cette demande de nationalité belge. Un emballement qui explique certainement pourquoi le patron de LVMH a souhaité clarifier la situation et demander que sa demande ne fasse "l'objet d'aucune interprétation politique".