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09/09/2012 02:57 EDT | Actualisé 08/11/2012 05:12 EST

Achat d'Astral par Bell : début des audiences publiques

C'est lundi que s'ouvrent les audiences publiques du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) sur l'achat d'Astral Media par Bell, une transaction qui, si elle est acceptée, pourrait changer le paysage médiatique au pays.

Pour 3,38 milliards de dollars, Bell deviendrait propriétaire d'Astral Media, au grand dam de ses concurrents, qui dénoncent la concentration des médias qu'entraînerait cette fusion.

L'organisme fédéral entendra les témoignages d'entreprises des industries du multimédia, des télécommunications et de la radio, ainsi que ceux de producteurs, de groupes cinématographiques et de défenseurs des droits des consommateurs.

Qu'arrivera-t-il si la transaction Bell-Astral est approuvée?

Bell est déjà propriétaire d'une trentaine de chaînes télévisées, dont CTV et RDS, alors qu'Astral possède 24 chaînes, dont Canal Vie et Séries+. Les deux entreprises sont aussi très actives dans le domaine de la radiodiffusion, Bell possédant 33 stations et Astral, 84.

En 2010-2011, Bell contrôlait 33,7 % du marché télévisuel anglophone canadien, alors qu'Astral en contrôlait 6 %, révèle un rapport du CRTC publié mardi dernier. Au Québec, Astral possède 26 % du marché et Bell 6 %.

L'acquisition d'Astral par Bell ferait donc monter cette part à 39,7 % pour le marché canadien et 32 % pour le marché québécois. En plus de passer au premier rang dans le marché radiophonique, Bell deviendrait le seul câblodistributeur à pouvoir rivaliser avec le géant Québecor, reconnu au Québec pour sa convergence avec 35 % du marché des téléspectateurs francophones.

Selon Option consommateurs, cette concentration mènerait à une augmentation des tarifs pour les consommateurs, ainsi qu'à une diminution de l'offre de services. Certains analystes estiment toutefois qu'au Québec, la compétition entre Québécor et Bell serait une bonne nouvelle pour les auditeurs.

Qui est pour, qui est contre?

Le 7 août dernier, les PDG Québecor, Cogeco et Eastlink - concurrents de Bell et d'Astral - ont lancé une offensive médiatique afin de faire pression sur Ottawa pour qu'il bloque la « transaction anticoncurrentielle » qui limiterait, selon eux, « la création d'émissions canadiennes ».

Depuis, Rogers, Telus et les organismes de défense du consommateur ont aussi ajouté leurs voix au mouvement de contestation.

En réponse à ses détracteurs, Bell a publié un communiqué annonçant qu'elle s'engageait à investir 80 millions de dollars dans la production de contenu en français à la télévision, à la radio et sur des plateformes numériques.

Au cours de la récente campagne électorale, le Parti québécois, le Parti libéral et la Coalition avenir Québec ont tous trois fait part de leurs réserves sur la fusion potentielle. Le gouvernement fédéral a quant à lui décidé de ne pas prendre position.

Pourquoi le CRTC s'en mêle-t-il?

Le CRTC est un organisme public indépendant qui surveille et réglemente les systèmes canadiens de la radiodiffusion et des télécommunications en tenant compte des objectifs établis dans la Loi sur la radiodiffusion et la Loi sur les télécommunications lorsqu'il prend des décisions stratégiques.

Lorsqu'une entreprise médiatique risque d'accaparer plus de 35 % des parts de marchés avec une transaction, le CRTC se montre réticent. À partir de 45 %, il s'oppose carrément à une telle transaction. C'est dans cette optique que les autorités réglementaires ont obligé Quebecor à se départir de TQS pour faire l'acquisition du réseau TVA, au début des années 2000.

Bell estime en fait qu'après la transaction, ses parts de marché monteraient à 33,5 % pour la télé anglaise et à 24 % pour la télé française, deux valeurs qui n'atteignent pas la limite du CRTC.

Les audiences publiques du CRTC se tiendront au Palais des congrès de Montréal du 10 au 13 septembre.

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