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07/09/2012 12:35 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

USA: Obama et les démocrates taclent Romney sur la politique étrangère

Le président Barack Obama a attaqué jeudi soir son rival républicain Mitt Romney sur le front de la politique étrangère, rappelant son inexpérience en la matière et lui reprochant d'avoir "insulté" un allié.

"On n'est peut-être pas prêt à la diplomatie avec Pékin si l'on ne peut pas se rendre aux jeux Olympiques sans insulter notre allié le plus proche", a lancé M. Obama dans son discours d'investiture devant la convention démocrate à Charlotte (Caroline du Nord, sud-est).

Il faisait allusion à une visite effectuée par M. Romney fin juillet à Londres au cours de laquelle il avait piqué au vif la fierté de ses hôtes par des déclarations sur l'impréparation des JO.

Le président a également dénoncé de récents propos du candidat républicain sur la Russie, assurant qu'"on ne qualifie pas la Russie d'ennemi numéro un, et non Al-Qaïda, sauf si l'on est bloqué dans une mentalité de la Guerre froide".

"Mon adversaire et son colistier (Paul Ryan) sont novices en politique étrangère", a-t-il fait valoir. "Mon adversaire a dit que c'était +tragique+ de mettre fin à la guerre en Irak et il ne nous dit pas comment il compte mettre fin à la guerre en Afghanistan. Je l'ai fait et je le ferai", a ajouté M. Obama.

La pique du président à son adversaire prend toute sa saveur alors que, traditionnellement, ce sont les républicains qui accusent les démocrates de faiblesse en matière de politique étrangère.

MM. Obama et Romney seront opposés lors de trois débats présidentiels télévisés en octobre dont l'un portera uniquement sur la politique étrangère.

Avant M. Obama, le vice-président Joe Biden et, surtout, le sénateur démocrate John Kerry avaient mis en avant le peu d'expérience du candidat républicain.

"C'est le duo le plus inexpérimenté en politique étrangère à se présenter à la présidence et à la vice-présidence depuis des décennies", a affirmé le sénateur Kerry. Ce dernier préside la puissante commission des Affaires étrangères du Sénat et est cité comme un possible prochain secrétaire d'Etat en cas de victoire du président Barack Obama le 6 novembre.

Pendant cette convention, il s'est vu attribuer le rôle de mettre en avant le bilan de Barack Obama en matière de sécurité nationale. Il a rappelé que le président avait mis fin à la guerre en Irak fin 2011, fait éliminer le dirigeant d'Al-Qaïda Oussama ben Laden en mai 2011 et entamé le retrait des troupes américaines en Afghanistan prévu d'ici à 2014.

"Demandez à Oussama ben Laden s'il est dans une meilleure situation qu'il y a quatre ans", a-t-il lancé, retournant contre eux l'argument des républicains visant la politique économique du président depuis 2009.

Parlant d'un candidat "extrémiste", M. Kerry a encore estimé que Mitt Romney n'avait "pas la vision et le jugement si nécessaires dans le Bureau ovale", et raillé sa tournée à l'étranger en juillet en Grande-Bretagne, Pologne et en Israël.

"Ce n'était pas une mission de bienfaisance mais une tournée de gaffes", a-t-il dit. "Mitt Romney président - trois mots hypothétiques qui ont aliéné nos alliés cet été".

M. Romney s'était notamment attiré une mise au point du Premier ministre britannique David Cameron pour ses déclarations sur les jeux Olympiques. Et les Palestiniens s'étaient élevés contre des déclarations jugées "racistes" du candidat républicain en Terre sainte.

Ancien combattant du Vietnam et titulaire de plusieurs prestigieuses décorations, John Kerry a été candidat malheureux face à George W. Bush à la présidentielle de 2004.

La diatribe de M. Kerry avait tout d'une douce revanche: lors de cette campagne en 2004, l'équipe du président Bush avait justement mis en exergue la faiblesse supposée du candidat démocrate en matière de sécurité nationale, ce qui lui avait été fatal.

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