L'Université de Montréal contrainte d'annuler huit cours

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L'Université de Montréal (UdeM) a pris une décision sans précédent jeudi soir en annonçant l'annulation définitive de huit cours de sociologie et d'anthropologie qui faisaient l'objet de séances de rattrapage en raison de la grève étudiante du printemps dernier.

La direction de l'UdeM explique que les étudiants touchés par cette mesure « ne suivaient plus leurs cours depuis plus de sept mois et les séances prévues depuis le début de la période de rattrapage le 27 août n'ont pas pu être mises en oeuvre ».

« Les huit cours annulés représentent 1 % de tous les cours qui font l'objet d'un rattrapage et une infime minorité des quelque 14 000 cours donnés chaque année à l'UdeM », indique la direction sur son site Internet, précisant que l'annulation entre en vigueur dès aujourd'hui.

Plus tôt dans la journée, les étudiants venaient pourtant de voter en faveur d'un retour en classe, également effectif à compter d'aujourd'hui.

Mais après avoir examiné le calendrier de rattrapage avec les enseignants concernés et le directeur du département, la direction a conclu qu'il « était impossible d'atteindre, d'ici le 28 septembre, les objectifs pédagogiques » fixés « sans compromettre la qualité de la formation ». Le trimestre d'automne débutant le 1er octobre, le prolongement de la session d'hiver n'est donc plus une option.

La semaine dernière, la rentrée des classes pour terminer la session d'hiver avait été perturbée à l'UdeM et la présence de manifestants avait contraint la direction à suspendre une cinquantaine de cours de six départements qui étaient toujours en grève, dont ceux d'anthropologie. Plusieurs de ces cours ne se donnant que le vendredi, les étudiants avaient déjà perdu deux semaines sur cinq.

Cette décision de l'UdeM survient trois jours après l'élection de la chef du Parti québécois, Pauline Marois, qui a promis d'annuler la hausse des droits de scolarité décrétée par son prédécesseur Jean Charest et d'abroger la loi 12 (projet de loi 78) adoptée par le gouvernement libéral.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) qualifie l'élection du Parti québécois de « signe de la victoire du mouvement étudiant », tandis que la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) affirme que son travail et ses sacrifices ont porté leurs fruits.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) s'est montrée plus prudente, disant accueillir « favorablement » l'annonce de Pauline Marois, tout en soulignant qu'elle allait rester vigilante pour la suite des choses.

Jeudi, les étudiants ont été nombreux à se réunir en assemblée générale pour se prononcer sur la grève. Des associations de l'Université de Montréal, de l'Université du Québec en Outaouais et de l'Université Laval ont choisi de reprendre le chemin des classes.

La contestation semble donc s'apaiser et l'annonce de la première ministre élue pourrait fort probablement mettre un terme au conflit étudiant sept mois après son déclenchement, à tout le moins temporairement.

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