Stéphan Crétier propose de racheter Garda World pour 1,1 milliard $

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STEPHAN CRETIER
Agence QMI

MONTRÉAL - Désenchanté par la Bourse, le président-fondateur de Garda, Stéphan Crétier, a annoncé vendredi son intention de fermer le capital de l'entreprise de sécurité dans l'espoir d'accélérer sa croissance.

«Il n'y a pas beaucoup d'opportunités en Bourse en ce moment et encore moins pour une entreprise qui a un effet de levier (endettement) comme le nôtre, alors c'est le temps de passer à autre chose. On dit merci aux actionnaires et on les récompense très bien. On va poursuivre notre stratégie, mais à un certain moment donné, on va revenir (en Bourse)», a déclaré M. Crétier en conférence de presse au siège social de Garda, à Montréal.

Un fonds géré par la firme britannique de capital-investissement Apax Partners propose de verser un peu plus de 300 millions $ pour acquérir les actions de Garda qui ne sont pas détenues par la direction de la société montréalaise.

Le prix offert est de 12 $ par action, ce qui représente une prime d'un peu plus de 30 pour cent par rapport au cours de 9,20 $ enregistré à la Bourse de Toronto juste avant l'annonce de la transaction.

Les membres de la direction maintiendront leur participation actuelle dans le capital-actions de Garda: environ 25 pour cent pour M. Crétier et près de cinq pour cent pour l'ensemble des autres gestionnaires. Apax devrait donc contrôler 70 pour cent de l'entreprise une fois la transaction conclue.

Habituellement, les entreprises qui veulent croître par acquisitions s'inscrivent en Bourse afin de faciliter leur financement. L'entreprise fondée en 1995 dit avoir atteint les limites de cette stratégie.

Traînant une dette très importante pour une entreprise de sa taille — environ 600 millions $ —, il est difficile pour Garda d'émettre de nouvelles actions. Certains jours, moins de 2000 actions de Garda changeaient de mains à la Bourse de Toronto, signe du peu d'intérêt que suscite le titre chez les investisseurs.

Pour renverser la tendance, il aurait fallu que l'entreprise se désendette de façon importante, ce que la direction refusait net, voyant là un frein à sa croissance.

Stéphan Crétier a reconnu que la décision de fermer le capital de Garda, près de 14 ans après son entrée en Bourse au prix de 20 cents l'action, avait été difficile à prendre. D'autres firmes d'investissement lui avaient présenté des offres au cours des derniers mois, mais il avait toujours résisté. Or, le marché de la sécurité se consolide actuellement et Garda veut rester un «prédateur» plutôt que devenir une proie, a-t-il expliqué.

Rien à voir avec Rona

M. Crétier a martelé que la transaction avait peu à voir avec le projet d'acquisition du quincaillier Rona (TSX:RON) par le géant américain Lowe's, qui a suscité une levée de boucliers au Québec.

«L'entreprise demeure pour moi canadienne même si certains des fonds (qui financeront la transaction) viennent de l'extérieur», a-t-il affirmé.

Le dirigeant a souligné que l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada et une autre caisse de retraite fédérale, Investissements PSP, avaient investi dans des fonds gérés par Apax. Il a en outre assuré que le siège social de Garda demeurerait à Montréal.

La transaction proposée a été approuvée à l'unanimité par le conseil d'administration de l'entreprise, avec l'abstention de Stéphan Crétier, à la suite de la recommandation unanime d'un comité spécial composé d'administrateurs indépendants.

Les conseillers financiers du conseil d'administration et du comité spécial, UBS et Desjardins Marché des capitaux, ont fourni des avis selon lesquels la contrepartie de 12 $ par action est «équitable du point de vue financier», a précisé Garda.

Desjardins a présenté au comité spécial une évaluation officielle concluant que la juste valeur marchande de l'entreprise se situe entre 10,75 $ et 12,25 $ par action.

Garda a par ailleurs publié vendredi les résultats de son deuxième trimestre, qui a pris fin le 31 juillet. Les profits nets ont atteint 4,9 millions $ (15 cents par action), en hausse de 29 pour cent par rapport aux 3,8 millions $ (12 cents par action) dégagés pendant la même période de l'an dernier. Les revenus ont crû de 14 pour cent pour s'établir à 337 millions $.

«Les résultats positifs que nous avons réalisés donnent une idée de l'ampleur des occasions que nous pouvons et devons saisir maintenant», a estimé Stéphan Crétier.

L'action de Garda a clôturé à 11,94 $ vendredi, en hausse de 29,8 pour cent, à la Bourse de Toronto. Comme le cours n'a pas dépassé pas le montant de l'offre, les investisseurs ne s'attendent vraisemblablement pas à une surenchère pour l'entreprise.

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