CALGARY - Le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, gardera un oeil attentif sur le nouveau gouvernement péquiste qui a l'intention d'apporter des modifications à la loi provinciale sur la langue.

La première ministre élue, Pauline Marois, soutient qu'elle tentera d'instaurer une «nouvelle loi 101» pour stopper le déclin du français, qu'elle qualifie de majeur, dans les environs de Montréal et de Gatineau.

M. Fraser, un ancien journaliste du Québec qui a écrit un livre sur l'histoire du Parti québécois, a déclaré qu'il s'assurerait que ces modifications se feront en conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés.

«Je porterai une attention particulière à ces modifications, a commenté M. Fraser en entrevue à La Presse Canadienne. La Charte de la langue française actuelle au Québec a été analysée par les tribunaux et elle est conforme à la Charte des droits et libertés [...] Quelques articles ont été retirés alors que d'autres ont été modifiés.»

Il est aussi préoccupé par les mesures qui pourraient nuire aux institutions anglophones, dont celles concernant l'accès aux établissements collégiaux anglophones. Le PQ veut entre autres limiter l'accessibilité aux établissements d'enseignement en anglais aux francophones et aux immigrants.

«Ça faisait partie des engagements du PQ lors de la campagne électorale, mais c'est un gouvernement minoritaire. Ce n'est pas une position partagée par les deux autres partis, donc Mme Marois devra faire des compromis pour faire accepter ses idées à l'Assemblée nationale», a-t-il ajouté.

Le commissaire a laissé entendre que cette mesure sur la langue n'était pas populaire d'après les sondages, et que c'est pour cette raison que le PQ n'ira pas de l'avant.

M. Fraser connaît bien le Parti québécois. Il a couvert les activités du parti quand René Lévesque a pris le pouvoir en 1976. Il est aussi l'auteur du livre «René Lévesque and the Parti Quebecois in Power» qui relate l'histoire du PQ.

M. Fraser a d'ailleurs écrit une lettre à Mme Marois, demandant une rencontre avec la première ministre élue.

Il s'est dit encouragé par le fait qu'elle ait fait référence aux droits des anglophones dans son discours de victoire au Métropolis.

«Nous l'avons entendu s'adresser aux anglophones en anglais, disant qu'elle allait respecter les droits de la minorité anglophone, a dit M. Fraser. J'ai bien apprécié cette attention.»

Il ne croit toutefois pas que le français soit en déclin au Québec, notant qu'il est impossible d'accueillir 45 000 nouveaux arrivants chaque année sans s'attendre à ce que le pourcentage d'individus qui utilisent le français comme langue primaire diminue.

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