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07/09/2012 06:56 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

Combats entre civils et découvertes macabres se multiplient en Syrie

Les combats entre civils armés partisans et adversaires du président Bachar al-Assad, de même que les découvertes macabres de corps non identifiés, se multiplient en Syrie, pendant que l'Union européenne cherche les moyens d'aider à résoudre la crise.

Parallèlement, les opérations de l'armée se poursuivaient vendredi dans de nombreuses régions du pays. Ainsi, des "centaines de soldats" appuyés par des véhicules militaires lourds ont attaqué Babbila, une localité proche de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette ville située à la lisière de quartiers rebelles de la capitale avait été jeudi le théâtre de bombardements et de combats, et des membres de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) s'y étaient retranchés.

Des combats ont aussi éclaté autour d'al-Qazzaz, dans le sud-est de la capitale, où les forces de sécurité ont arrêté des dizaines de jeunes hommes.

Des tirs nourris ont également été entendus à Tadamoun (sud) et à Yarmouk, le plus grand camp de réfugiés palestiniens en Syrie, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de témoins.

Ailleurs dans le pays, deux enfants ont été tués dans un bombardement visant Boukamal, dans la province de Deir Ezzor (est), selon l'OSDH, dont le bilan provisoire vendredi matin s'élevait à 14 morts à travers le pays, dont huit rebelles.

Jeudi, l'ONG a recensé au moins 153 morts --83 civils, 46 soldats et 24 rebelles.

De plus, au moins 23 corps non identifiés ont été retrouvés jeudi à Zamalka et au moins 22 autres à Qatana, deux localités proches de Damas. Vendredi, les corps de 16 autres hommes ont été découverts à Harasta, dans la même région, selon l'OSDH, qui a précisé que certains portaient des traces de tortures.

Ces découvertes macabres sont particulièrement fréquentes depuis plusieurs semaines dans le pays, où les combats entre civils armés rebelles et pro-régime font monter les craintes de voir la Syrie s'enliser dans une guerre civile.

L'OSDH s'est aussi inquiété de la multiplication de ces combats entre civils. Ainsi jeudi, quatre membres de "comités populaires" pro-Assad, des groupes civils déclarant prendre les armes pour défendre leurs quartiers contre les rebelles, ont été tués dans des combats dans la province de Homs (centre).

"Quand vous avez des combats entre civils armés anti et pro-régime, c'est une guerre civile", a déclaré à l'AFP le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, en prévenant que ce phénomène était en augmentation.

Dans ce contexte, les ministres européens des Affaires étrangères se retrouvaient vendredi à Chypre pour explorer les moyens d'aider l'opposition syrienne à mettre en place une transition politique, tout en contenant la crise humanitaire.

La Commission européenne va débloquer une aide humanitaire supplémentaire de 50 millions d'euros pour aider les civils, a d'ailleurs annoncé la commissaire européenne chargée de l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva.

L'Europe, en pointe des sanctions contre Damas, appelle depuis plusieurs mois M. Assad à céder le pouvoir à un gouvernement de transition, mais au conseil de sécurité de l'ONU, sa position se heurte au veto de la Russie et de la Chine.

Jeudi à Londres, le président français François Hollande et le chef du gouvernement britannique David Cameron ont plaidé pour "accélérer la transition politique" en Syrie, en aidant l'opposition à se fédérer dans un gouvernement qui pourrait être reconnu comme représentant le peuple syrien.

Paris veut aussi plaider auprès de ses partenaires européens pour des aides ciblées aux zones "libérées", contrôlées au sol par des comités révolutionnaires.

Leur venir en aide doit aussi permettre de tenter de contenir la catastrophe humanitaire, alors que la Turquie et la Jordanie estiment qu'elles ne seront bientôt plus en mesure de faire face aux flots de réfugiés syriens.

Evoquant la crise humanitaire provoquée par le conflit dans les pays limitrophes et surtout en Syrie même, le nouveau président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, de retour de Damas, a déclaré vendredi avoir reçu des engagements positifs de la part de M. Assad.

Le président syrien "a convenu qu'il était nécessaire d'accroître d'urgence l'aide humanitaire en facilitant l'entrée de secours" et s'est dit "prêt à examiner" la demande du CICR de rendre visite à "toutes les personnes détenues en Syrie en relation avec les événements actuels", a-t-il indiqué.

"Les engagements positifs que j'ai reçus lors de mes rencontres devront bien sûr être suivis et évalués dans les semaines à venir", a-t-il insisté, tout en rappelant l'urgence de la situation: "Chaque jour qui passe apporte son lot de victimes et de souffrances".

bur-fc/sbh

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