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07/09/2012 09:57 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

Attentats à la bombe à Damas, l'UE tente de contenir la crise humanitaire

Deux attentats ont frappé Damas vendredi dont l'un a tué cinq policiers près d'une mosquée, au moment où des milliers de manifestants ont de nouveau défilé à travers le pays pour réclamer la chute du régime de Bachar al-Assad.

Dans le même temps, les ministres européens des Affaires étrangères étaient réunis à Paphos (Chypre) pour évoquer la transition et l'aide aux réfugiés syriens, la Commission européenne ayant d'ores et déjà annoncé le déblocage de 50 millions d'euros supplémentaires en faveur des civils.

A Damas, un attentat à la "motocyclette piégée s'est produit à Roukneddine à la sortie de fidèles de la mosquée al-Roukniya", a indiqué la télévision d'Etat, en faisant état de cinq morts parmi les membres des forces de l'ordre.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG qui s'appuie sur un réseau de militants, a donné le même bilan de morts et ajouté que six policiers avaient été blessés.

Depuis le début de la révolte en mars 2011, les forces de l'ordre encerclent les mosquées tous les vendredis, journée traditionnelle de mobilisation dans le pays, afin d'empêcher les manifestations de se former après la prière et ouvrent souvent le feu sur les protestataires, selon des militants.

Un deuxième attentat, cette fois à la voiture piégée, s'est produit deux heures plus tard entre le Palais de justice et le ministère de l'Information, dans le quartier huppé de Mazzé (ouest), selon la télévision d'Etat.

Des voitures ont été endommagées selon la télévision qui n'a donné un bilan de victimes sans l'immédiat.

Les deux attaques ont été attribuées par la télévision à des "terroristes", terme utilisé par les autorités pour désigner les opposants et les rebelles qui combattent le régime et réclament le départ de M. Assad.

Ces dernières semaines, les attentats se sont multipliés à Damas, malgré les mesures de sécurité prises par le régime qui ne parvient pas non plus à contenir les manifestations.

Des manifestations "massives", selon l'OSDH, ont eu lieu dans plusieurs localités rebelles de la province d'Idleb (nord-ouest), ainsi que dans la province de Damas comme à Harasta où l'armée menait de vastes opérations pour tenter d'écraser la rébellion.

Pour ce vendredi, les militants ont placé les cortèges sous le slogan "Homs assiégée nous appelle", en référence à la troisième ville du pays où les bombardements de l'armée sont incessants et la situation humanitaire désastreuse.

Des vidéos ont montré des dizaines de jeunes manifestants dans les quartiers de Barzé et Assali à Damas. "Syrie, une révolte de dignité et de liberté", scandaient-ils.

Dans les quartiers de Chaar et Sakhour dans l'est d'Alep, deuxième ville du pays déchirée par plus d'un mois de combats, des défilés ont eu lieu "malgré les bombardements", a affirmé l'OSDH.

Trente-huit personnes, dont 19 civils, ont péri dans les violences à travers le pays, selon l'OSDH.

Des "centaines de soldats" appuyés par des véhicules militaires lourds ont attaqué Babbila, une localité proche de Damas, selon l'OSDH. Des combats ont aussi éclaté autour d'al-Qazzaz, dans le sud-est de la capitale, où les forces de sécurité ont arrêté des dizaines de jeunes hommes.

De plus, les corps de 16 autres hommes ont été découverts à Harasta, selon l'OSDH, qui a précisé que certains portaient des traces de tortures. La veille, au moins 45 corps ont été retrouvés dans la même province. Ces découvertes macabres sont fréquentes depuis plusieurs semaines.

Dans ce contexte, les ministres européens des Affaires étrangères tentaient, à Chypre, d'explorer les moyens d'aider l'opposition syrienne, tout en contenant la crise humanitaire.

La Commission européenne va débloquer une aide humanitaire supplémentaire de 50 millions d'euros, portant ainsi sa contribution tirée du budget de l'UE à 119 millions d'euros.

L'UE cherche à se protéger d'une éventuelle arrivée de réfugiés, alors que la Turquie et la Jordanie, qui en ont accueilli plusieurs dizaines de milliers, estiment qu'elles ne seront bientôt plus en mesure de faire face aux flots de Syriens.

En pointe des sanctions contre Damas, l'UE appelle depuis plusieurs mois M. Assad à céder le pouvoir à un gouvernement de transition, mais au Conseil de sécurité de l'ONU, sa position se heurte au veto de la Russie et de la Chine, pays alliés du régime syrien.

L'enjeu de la crise est grave, ont prévenu les ministres italien et français, Giulio Terzi et Laurent Fabius. "Si nous échouions en Syrie, la stabilité du Moyen-Orient serait compromise et la sécurité de l'Europe, sous tous ses aspects, (...) gravement menacée", selon eux.

Leur homologue espagnol José Manuel García Margallo a estimé de fait que l'UE devait "réactiver un plan pour mettre fin" à la violence qui a fait plus de 26.000 morts depuis le début de la révolte selon l'OSDH.

bur-cco/tp

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