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06/09/2012 06:48 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Une actrice israélienne lance une pétition en faveur de Saïf al-Islam Kadhafi

TEL AVIV, Israël - Le fils détenu de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi bénéficie d'un appui surprenant: celui d'une actrice et mannequin israélienne qui affirme avoir déjà entretenu une relation romantique avec lui.

Orly Weinerman tente de rallier les soutiens envers Saïf al-Islam Kadhafi par le biais d'une pétition qui appelle les autorités libyennes à le libérer. Elle affirme que le fils de l'ancien dictateur est une personne généreuse et soucieuse des autres qui a été abandonnée par la communauté internationale et qui mérite d'avoir un procès équitable hors de la Libye.

La campagne d'Orly Weinerman est surprenante, à la fois à cause de la gravité des accusations portées contre Saïf al-Islam Kadhafi et de la nature taboue de leur relation. Mouammar Kadhafi, qui a été tué par les rebelles en octobre dernier, était un farouche opposant d'Israël, et les contacts entre les citoyens des deux pays étaient extrêmement rares pendant son règne.

Dans une entrevue avec l'Associated Press, Orly Weinerman décrit Saïf al-Islam Kadhafi comme un homme «très calme et poli, un vrai gentleman». Elle affirme l'avoir rencontré par le biais d'amis communs à Londres en 2005 et avoir eu une relation «romantique» avec lui. Elle n'a pas voulu donner de détails.

«Il avait un bon sens de l'humour et nous riions toujours ensemble», a-t-elle dit.

Mme Weinerman affirme qu'elle ne s'est jamais rendue en Libye mais qu'elle a rencontré d'autres membres de la famille Kadhafi. Elle n'a pas voulu donner de noms ni fournir des photos, des lettres ou d'autres éléments prouvant sa relation avec Saïf al-Islam Kadhafi.

La liaison romantique entre Saïf al-Islam et Orly Weinerman a été rapporté pour la première fois dans des tabloïds européens en 2006. Mais ce n'est que ce mois-ci qu'elle a décidé de rendre leur relation publique, dans l'espoir d'attirer l'attention sur sa situation.

Elle affirme que Saïf al-Islam jouait un rôle de modérateur auprès de son père, qu'il a introduit des réformes en Libye et qu'il voulait en mener d'autres.

«Il a contesté le régime de son père», a-t-elle dit.

Saïf al-Islam Kadhafi, 40 ans, a été arrêté par les rebelles libyens en novembre, quelques semaines après la capture et la mort de son père. Détenu dans une prison libyenne, il se retrouve au centre d'une guerre juridique.

La Cour pénale internationale (CPI) veut qu'il soit extradé à La Haye pour répondre à des accusations de crime contre l'humanité, pour son implication présumée dans les attaques contre des civils pendant le soulèvement contre le régime de son père. Les autorités libyennes affirment de leur côté qu'elles ont l'intention de le juger pour avoir tué et torturé des rebelles, et refusent de l'extrader à La Haye. Son équipe de défense affirme qu'il n'aura pas droit à un procès équitable en Libye.

Orly Weinerman estime que la communauté internationale, et en particulier le Conseil de sécurité de l'ONU et les pays de l'OTAN qui ont aidé les rebelles à renverser le régime libyen, sont responsables de la sécurité de Saïf al-Islam. Elle demande à ces pays de faire plus d'efforts pour qu'il soit jugé devant la CPI. Il pourrait être passible de la peine de mort s'il est jugé en Libye.

Mme Weinerman, qui vit présentement à Tel Aviv, affirme ne pas avoir eu de contacts avec Saïf al-Islam depuis son arrestation.

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