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06/09/2012 11:07 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Tunisie: des manifestants occupent le bureau d'un gouverneur de région.

Des dizaines de personnes réclamant l'indemnisation des victimes de la révolution de 2011 en Tunisie ont occupé jeudi le bureau du gouverneur de Kasserine (centre-ouest) pour réclamer son départ, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ils accusent le gouverneur, Mohamed Sidhom, un membre du parti islamiste au pouvoir Ennahda qui a pris ses fonctions il y a une semaine, d'avoir refusé de se charger de ce dossier sensible.

Les protestataires occupent depuis le milieu de la journée son bureau et réclament sa démission en criant "dégage", slogan phare de la révolution qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.

Dans l'après-midi, les manifestants s'y trouvaient toujours malgré le déplacement d'un procureur pour leur demander d'évacuer les lieux.

Ces proches de victimes de la région de Kasserine avaient déjà observé un sit-in pendant dix jours en août dans le siège local de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale syndicale).

Ils réclament des emplois et justice pour leurs proches tués ou blessés.

L'indemnistation des martyrs et des blessés de la révolution (environ 300 morts et 2.000 blessés), un sujet très sensible en Tunisie, a pris un grand retard en raison de la complexité du dossier.

Avec 21 morts, la région de Kasserine a payé un lourd tribu à la révolution.

Le gouvernement, dominé par Ennahda, s'est attiré les foudres des proches des victimes qui n'ont pas reçu de réparations satisfaisantes en annonçant en juillet vouloir indemniser les prisonniers politiques de l'ancien régime, des militants islamistes pour la plupart.

La société civile, les syndicats et l'opposition multiplient les critiques contre le gouvernement, l'accusant de dérive autoritaire, de tentatives d'islamisation de l'Etat et d'avoir failli sur le plan économique.

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