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06/09/2012 03:23 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Soudans: l'intransigeance de Khartoum pourrait faire repartir le conflit (Rice)

Les Etats-Unis ont accusé jeudi Khartoum de risquer une reprise du conflit avec Juba en refusant de faire des concessions sur la démarcation de la frontière commune.

L'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice a critiqué "le refus persistant du Soudan" d'accepter une carte d'une zone-tampon proposée par l'Union africaine en novembre dernier, estimant que cette intransigeance "fait douter de la volonté de Khartoum" d'aboutir à un accord.

Pour Mme Rice, qui s'adressait à la presse après des consultations sur ce dossier au Conseil de sécurité, ce refus "empêche la mise en place d'une zone frontalière démilitarisée et sûre et d'un mécanisme conjoint de surveillance de la frontière et fait courir le risque d'une reprise d'un conflit ouvert" entre les deux pays.

Le Soudan et le Soudan du Sud ont repris mardi soir à Addis Abeba des pourparlers portant sur une série de problèmes en suspens, dont le tracé de leur frontière et la mise en place d'une zone-tampon démilitarisée. L'Union africaine a repoussé au 22 septembre la date limite pour un accord global, les deux parties n'ayant pu s'entendre avant la précédente date butoir du 2 août.

Mme Rice a aussi estimé "décevante" la position soudanaise concernant l'accord sur les revenus pétroliers. Khartoum a annoncé que cet accord ne sera entériné qu'après un accord sur la frontière et la sécurité. "Il faudrait au minimum, a estimé Mme Rice, que les deux parties travaillent dès maintenant avec les compagnies pétrolières pour prendre les mesures techniques" permettant une reprise de la production pétrolière dès la signature d'un accord global.

L'ambassadrice a enfin appelé Khartoum à "appliquer immédiatement" un protocole conclu sur l'accès humanitaire aux régions du Kordofan-sud et du Nil bleu (sud du Soudan), en proie à une "crise humanitaire croissante". Face à cette "urgence", la réticence de Khartoum est "intolérable", a-t-elle affirmé.

Evoquant l'échéance du 22 septembre, Mme Rice a souligné que les Etats-Unis sont "très préoccupés par le manque apparent d'urgence" à se mettre d'accord manifesté par les deux pays. Elle a rappelé que le Conseil les menaçait toujours de sanctions économiques en cas d'échec des négociations.

Selon l'ambassadeur allemand Peter Wittig, dont le pays préside le Conseil en septembre, les 15 pays membres "ont appelé les deux parties à faire tout leur possible pour trouver une solution dans le délai imparti".

avz/bdx

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