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06/09/2012 09:10 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Sommet de la Francophonie en RDC: la justice française se prononcera le 20 septembre

La justice française se prononcera le 20 septembre sur la demande d'une association de Français d'origine congolaise qui réclame la délocalisation du sommet de la Francophonie, prévu à Kinshasa en octobre, ont annoncé jeudi les avocats de l'association.

L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) n'était pas représentée à l'audience de référé (procédure d'urgence) qui s'est tenue jeudi matin au tribunal de grande instance de Paris, a regretté Me Norbert Tricaud, l'un des avocats de Convergence pour l'émergence du Congo (CEC).

"Nous avons saisi la justice au nom des milliers de morts dont personne ne parle, que la Francophonie n'a ni dénoncés ni condamnés, au nom du droit électoral volé et confisqué par la force des armes, des femmes violées tous les jours" en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré Jean-Louis Tshimbalanga, président de CEC.

L'association demande que le sommet soit délocalisé "dans un pays plus respectueux de la démocratie et des droits humains", a déclaré Me Tricaud.

Le secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, ancien président du Sénégal, avait "dans le passé condamné la situation dans d'autres pays, mais refuse de condamner la situation" en RDC, a lancé Me Tricaud, l'accusant de "partialité".

En 1991, le sommet prévu dans l'ex-Zaïre (devenu RDC) avait été délocalisé à Paris en raison des exactions du régime du dictateur Mobutu (1965-1997). Puis, le sommet de 2010 initialement prévu à Madagascar avait été délocalisé à Montreux en Suisse, à cause de la crise politique malgache.

Selon un autre avocat de l'association, Me Olivier de Boissieu, la demande se base sur la déclaration de Bamako, texte de référence de la Francophonie en matière de respect de la démocratie et des droits de l'Homme.

"Nous voulons éviter le scandale" de voir le président français François Hollande assis à côté des présidents congolais et rwandais Joseph Kabila et Paul Kagame, a-t-il fait valoir.

Le président français avait annoncé le 27 août qu'il participerait bien à ce sommet de la Francophonie en RDC, le pays francophone le plus peuplé au monde. Mais, pour ne pas servir de caution au régime de Joseph Kabila, il a promis de "tout dire" et de rencontrer l'opposition.

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