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06/09/2012 09:56 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Senoussi/DC10 d'UTA: les familles de victimes espèrent un procès

Les familles des 170 victimes de l'attentat en 1989 du DC10 d'UTA, espèrent qu'Abdallah al-Senoussi, l'ex-chef des services de renseignement de Kadhafi, extradé mercredi vers la Libye, "sera jugé" dans cette affaire "comme pour les autres crimes", a indiqué jeudi leur représentant.

"J'aurais vraiment espéré qu'il soit extradé, soit vers la France, soit vers la CPI (Cour pénale internationale, ndlr) pour une simple et bonne raison, que la peine de mort n'existe pas (...) Il est important de pouvoir interroger Senoussi de façon tout à fait complète sur l'ensemble de ses crimes mais aussi dans l'affaire du DC10 d'UTA", a affirmé sur RFI Guillaume Denoix de Saint-Marc.

La "grande crainte" des familles est "qu'il y ait une justice expéditive, qu'il soit condamné et exécuté avant qu'il puisse être jugé sur le DC10", a ajouté le président de l'association Les Familles de l'attentat du DC10 d'UTA.

"Nous souhaitons qu'il y ait un vrai procès dans cette affaire comme pour les autres crimes et surtout que nous puissions y assister", a-t-il ajouté.

M. Senoussi, et cinq autres personnes, ont été condamnés par contumace à la prison à vie en 1999 pour leur rôle dans l'attentat du 10 septembre 1989 contre le vol UTA 772, dans lequel 170 personnes dont 54 Français avaient trouvé la mort.

L'ancien chef des renseignements libyens arrêté mi-mars en Mauritanie, peut en théorie être rejugé en France.

La France, qui réclamait l'extradition d'Abdallah al-Senoussi pour qu'il soit jugé pour son implication dans cet attentat, a "pris acte" jeudi du choix de la Mauritanie de livrer le Libyen à Tripoli.

Guillaume Denoix de Saint-Marc estime qu'Abdallah al-Senoussi était le "principal organisateur" voire le "personnage clef" dans l'attentat du DC10. "Quand j'ai négocié avec la Libye pour qu'elle reconnaisse sa responsabilité, il m'a été offert par les Libyens de tuer les cinq autres personnes qui avaient été condamnées à condition de laisser Senoussi tranquille", a affirmé M. Denoix de Saint-Marc.

"Je ne sais pas si c'est le colonel Kadhafi ou les proches de Senoussi... Mais le pouvoir libyen de l'époque, en 2003, était prêt à sacrifier cinq de leurs ressortissants pour que Senoussi soit tranquille", a-t-il ajouté.

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