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06/09/2012 09:18 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Optimisme prudent de la CLASSE après l'élection du PQ

Au surlendemain de l'élection du Parti québécois, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) « accueille favorablement » l'annonce de Pauline Marois ¸quin compte abolir la hausse des droits de scolarité par décret, mais dit rester vigilante pour la suite des choses.

L'association considérée comme la plus radicale du mouvement étudiant a tenu une conférence de presse jeudi matin pour réagir au résultat du scrutin provincial et faire le point sur ses revendications.

« Mme Marois a déjà, au lendemain de son élection, annoncé l'annulation de la hausse des frais de scolarité, donc on attend encore que ça se produise, mais on voit plutôt ça d'un bon oeil », a déclaré la coporte-parole Camille Robert lors d'une conférence de presse. « On demeure quand même prudents et prudentes, dans la mesure où on va attendre avant de crier victoire. On veut le voir pour le croire », a pour sa part affirmé Jeanne Reynolds, aussi coporte-parole de la Coalition.

Mme Robert a rappelé que le Parti québécois avait voulu augmenter les droits de scolarité en 1996, mais avait reculé devant la contestation. « Pour nous, évidemment, si ce parti-là a fait des concessions devant le mouvement étudiant par le passé, on a l'espoir que ça se reproduise », a indiqué Mme Robert.

Des exigences quant au sommet

Le PQ s'est engagé à organiser un sommet sur l'éducation qui se penchera sur les droits de scolarité et sur l'accessibilité aux études. Mme Marois compte y défendre sa position pour une indexation de ces droits au coût de la vie.

Quant à elle, la CLASSE souhaite pouvoir y aborder la gratuité scolaire comme perspective d'avenir. Mme Marois a indiqué en campagne que si cette option pouvait faire l'objet de discussions, elle n'était toutefois pas envisageable pour son parti.

L'association étudiante souhaite également que parmi les participants au sommet figurent une majorité d'acteurs du milieu de l'éducation « pour que leurs voix ne soient pas enterrées, par exemple, par le milieu des affaires », a indiqué Mme Robert.

La CLASSE demande par ailleurs que la bonification de l'aide financière annoncée par le Parti libéral soit maintenue et que l'aide financière qui avait été suspendue jusqu'à la session d'automne soit versée aux étudiants qui auraient dû en recevoir.

La FEUQ et la FECQ parlent de victoire des étudiants

L'annonce de la première ministre élue pourrait donc fort probablement mettre un terme au conflit étudiant, à tout le moins temporairement.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) qualifie l'élection du Parti québécois de « signe de la victoire du mouvement étudiant », tandis que la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) affirme que son travail et ses sacrifices ont porté leurs fruits.

Jeudi, les étudiants ont été nombreux à se réunir en assemblées générales pour se prononcer sur la grève. Des associations de l'Université de Montréal et de l'Université Laval ont choisi de reprendre le chemin des classes.

À titre d'exemple, l'Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (ALIÉS), qui représente le plus grand groupe de gréviste de l'établissement avec 11 000 membres, a voté pour la reprise des cours dans une proportion de 93 %.

Selon le président de l'ALIÉS Patrice Vachon, les discussions ont été beaucoup plus faciles qu'à l'habitude. Moins de 400 étudiants ont assisté à l'assemblée générale. « Je pense que c'était assez unanime. Le résultat a été de 333 à 27. La réunion a duré une heure, c'est du jamais vu. Normalement, ça durait 4 à 5 heures », a-t-il expliqué.

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