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06/09/2012 11:34 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Népal: les maoïstes ne sont plus des "terroristes" pour Washington

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi qu'ils ne considéraient plus les maoïstes du Népal comme une organisation "terroriste", prenant acte du fait que l'ex-rébellion communiste avait remporté les élections en 2008 et s'était intégrée à la vie démocratique de cette ancienne monarchie.

Dans un communiqué, le département d'Etat a indiqué avoir "supprimé la désignation d'+entité terroriste mondiale+ pour le Parti communiste du Népal (maoïste) et ses affidés ainsi que l'appelation d'+organisation terroriste+ telle que la définit la liste d'exclusion terroriste" américaine. Sur cette liste, figurent par exemple le Lashkar-e-Taïba (LeT) pakistanais ou l'Armée rouge japonaise.

Cela signifie concrètement que "les biens et intérêts du Parti communiste du Népal (maoïste), le PCN(M), aux Etats-Unis ne seront plus bloqués" et que des personnes morales ou physiques "américaines peuvent réaliser des transactions avec le PCN(M)".

Après des années d'enquête, la diplomatie américaine est arrivée à la conclusion que "le PCN(M) ne mène plus d'activités terroristes menaçant la sécurité des Américains ou la politique étrangère américaine", selon le communiqué.

Cette décision de Washington était réclamée depuis des années par les maoïstes népalais, une ancienne rébellion communiste qui a mis fin en 2006 à dix années de guerre civile (16.000 morts) avant de remporter les élections du printemps 2008, d'abolir une monarchie vieille de 240 ans et de diriger brièvement un gouvernement de coalition.

Aujourd'hui en paix, ce pays pauvre de l'Himalaya aux multiples ethnies, reste politiquement fragile.

L'assemblée constituante de 2008 dominée par les maoïstes a été dissoute au printemps dernier et de nouvelles élections sont programmées le 22 novembre, tous les partis ne parvenant pas à s'entendre sur la forme laïque et fédérale de la nouvelle République du Népal.

"Ces dernières années, le parti maoïste a été élu à la tête d'une coalition gouvernementale, a pris des mesures pour démanteler son appareil lui ayant servi à perpétrer des opérations terroristes et a fait la démonstration de son engagement à poursuivre le processus de paix et de réconciliation au Népal", a admis le département d'Etat, précisant que sa décision ne signifiait pas qu'il fallait "oublier le passé violent du parti, mais plutôt regarder vers l'avenir".

nr/mdm

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