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06/09/2012 10:46 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Mauritanie: Senoussi était en famille quand il a été appelé pour être extradé (fille)

Abdallah al-Senoussi, ex-chef des services de renseignement du régime de Mouammar Kadhafi recherché notamment pour crimes contre l'humanité, se trouvait avec sa famille à Nouakchott lorsqu'il a été convoqué pour être extradé vers la Libye, a affirmé sa fille jeudi en Mauritanie.

Mercredi, "nous étions avec mon père quand il a été appelé à 07H00 (locales et GMT) du matin pour +une rencontre importante+ qui s'est avérée être sa remise à la Libye", a affirmé en arabe Anoud Abdallah al-Senoussi, fille aînée de M. Senoussi, dans un entretien à Radio Nouakchott Info, une radio privée mauritanienne.

"Je regrette fort la décision de la Mauritanie et j'exprime toute ma déception face à l'extradition de mon père, parce que les autorités, y compris le président de la République, nous affirmaient qu'il ne sera pas extradé", a ajouté la jeune femme, âgée de 21 ans.

"Ils (les Mauritaniens) ne nous ont pas informés de leur décision" d'extrader M. Senoussi, "pour qu'on puisse au moins lui dire au revoir. Cela m'irrite vraiment, c'est dur pour moi de me réveiller le matin sans trouver mon père", a-t-elle protesté.

Selon elle, Abdallah al-Senoussi vivait dans une "villa-prison" d'un quartier du nord de Nouakchott où il était "bien traité, mais privé de tout contact extérieur, sauf de rencontrer quelqu'un de sa famille".

La famille Senoussi se trouvait "depuis quelque temps" dans la capitale mauritanienne où elle loge avec une famille mauritanienne, et avait été autorisée dernièrement à rester avec l'ex-chef des services de renseignement libyens, d'après des sources concordantes mauritaniennes.

Anoud Abdallah al-Senoussi a exhorté des organisations humanitaires, la communauté internationale et les grandes puissances à assister son père et obtenir des Libyens un "procès équitable".

"On lui reproche beaucoup (de choses) qu'un seul homme ne peut pas commettre. Il était pourtant citoyen ordinaire, conduisait lui-même son véhicule en Libye, assistait à toutes les cérémonies des Libyens qui l'auraient sans doute tué s'ils avaient réellement des reproches à son encontre", a-t-elle poursuivi.

Pilier du régime de Mouammar Kadhafi, dirigeant libyen déchu et tué en 2011, Abdallah al-Senoussi était recherché par la Libye, mais aussi par la France et la Cour pénale internationale (CPI) qui l'accuse de crimes contre l'humanité.

Il a longtemps dirigé les renseignements militaires libyens, l'"un des organes de répression les plus puissants et efficaces du régime", selon les termes de la CPI, qui a lancé un mandat d'arrêt à son encontre en juin 2011.

Après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, il avait fui la Libye et était entré en Mauritanie avec un passeport malien sous une fausse identité. Il a été arrêté dans la nuit du 16 au 17 mars à l'aéroport de Nouakchott, alors qu'il arrivait du Maroc, puis placé en garde à vue avant d'être inculpé le 21 mai de "falsification de document de voyage" et entrée illégale dans le pays. Son extradition a été annoncée mercredi.

Dans un communiqué publié jeudi, le collectif des avocats mauritaniens d'Abdallah al-Senoussi a dénoncé un "non-respect par les autorités mauritaniennes des procédures édictées par les conventions internationales et la réglementation nationale en matière d'extradition" concernant leur client.

Selon la défense du Libyen, les "tribunaux mauritaniens n'ont pas été saisis de cette extradition", qui devait être examinée par une "Cour correctionnelle" de Nouakchott.

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