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06/09/2012 08:34 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

La FAO reste prudente malgré la stabilité des prix alimentaires en août

En dépit des craintes alimentées par la flambée estivale des cours des céréales, les prix mondiaux des denrées alimentaires sont restés stables en août mais "les jeux ne sont pas faits", a mis en garde jeudi la FAO.

L'indice des prix, calculé à partir d'un panier de denrées de base, s'est établi au même niveau qu'en juillet - 213 points - après un bond de 6% ce mois-là, dû principalement à la flambée du prix du maïs américain.

En un sens, "le marché avait déjà anticipé et pris en compte" les mauvaises prévisions de l'USDA, le Département américain de l'Agriculture, pour le maïs et le soja, annoncées début août, a fait valoir devant la presse David Hallam, directeur de la division Commerce et marché de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), qui présentait les chiffres.

L'indice se trouve loin (25 points) de son record de février 2011 et même du niveau d'août 2011, principalement grâce à la baisse brutale du prix du sucre, a poursuivi M. Hallam.

La baisse du sucre de 8,5% (à 297 points, et même -25% par rapport à août 2011) a contrebalancé la hausse des prix de la viande (+ 4% à 170 points) et des produits laitiers (+1,6% à 176 points), entraînés par l'envolée des cours des céréales.

Malgré la spectaculaire sécheresse qui a frappé les Etats-Unis depuis juin et gravement affecté les cultures de maïs, la production mondiale de céréales pour l'année 2012 ne devrait baisser que de 2% par rapport à 2011, pour s'établir à 2.295 millions de tonnes.

Cette production ne suffira pas à couvrir la consommation mondiale, annoncée pourtant elle aussi en baisse de 2% à 2.317 Mt, car freinée par les cours élevés, estime la FAO.

La baisse de production mondiale de maïs, annoncée en recul de 20 millions de tonnes (Mt) par rapport à 2011 (avec 864 Mt) se double de celle du blé (-2%, à 663 Mt), avec des situations très contrastées pour cette dernière céréale.

Les Etats-Unis prévoient une récolte de blé supérieure de 13,5% à la moyenne et des moissons record sont attendues en Inde et en Chine.

A l'inverse en Europe, le blé russe fait triste mine avec une baisse prévue de 29% par rapport à l'été 2011, tandis qu'au Kazakhstan et en Ukraine, il devrait subir un net recul, respectivement de 47 et 37%.

Par conséquent, "Les jeux ne sont pas faits", a mis en garde le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.

"Nous n'en sommes qu'aux premières récoltes" a-t-il fait valoir.

"Les prix ont de nouveau baissé et pour le moment la demande est faible dans les pays développés".

"Mais la pression reste forte et pourrait stimuler les grands exportateurs du Sud, les pays d'Amérique du Sud et certains pays africains", notamment, qui arriveront d'ici quelques mois sur le marché.

"Quand on entame une saison avec un marché aussi tendu, il y a des raisons de s'inquiéter et de la place pour les spéculateurs", a relevé M. Graziano.

"Aujourd'hui les nouvelles sont bonnes, mais la situation demeure préoccupante et de nombreux pays d'Afrique restent vulnérables, ainsi qu'au Moyen-Orient et en Amérique centrale", a exposé à son tour Laurent Thomas, directeur de la Division des opérations d'urgence de la FAO, qui a dit se tenir "prêt à intervenir avec des plans d'urgence, au cas où la situation se détériore".

Pour M. Hallam "la situation dépendra beaucoup des nouvelles plantations. Si elles sont bonnes ou juste normales, nous pouvons espérer ne pas subir de nouvelles hausses" a-t-il dit, redoutant lui aussi parmi les risques possibles, "un retour des fonds spéculatifs".

Les prochaines prévisions agricoles des Etats-Unis seront publiées la semaine prochaine, le 12 septembre, et les vingt principaux pays industrialisés et émergents du G20 ont décidé de les attendre avant de décider d'éventuelles mesures.

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