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06/09/2012 09:07 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

La BCE détaille son programme de rachat de dette publique

FRANCFORT - La Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé jeudi son programme le plus ambitieux à ce jour pour freiner la crise financière qui frappe le continent, s'engageant à acheter une quantité illimitée d'obligations gouvernementales des pays qui croulent sous le poids de leur dette.

Ces achats à grande échelle d'obligations à court terme en gonfleraient les valeurs et réduiraient leur taux d'intérêt, ou rendement, ce qui abaisserait les coûts d'emprunt des pays. Le nouveau programme va bien au-delà du premier plan de rachat annoncé par la BCE, qui n'avait pas eu l'ampleur nécessaire pour entraîner une baisse convainquante des coûts d'emprunt.

Après l'annonce du programme, les rendements des obligations souveraines ont reculé un peu partout en Europe et les places boursières ont pris du mieux.

«Ça pourrait potentiellement tout changer, a observé l'analyste Jacob Kirkegaard, du Pearson Institute for International Economics. C'est la première fois que la BCE s'implique de cette manière. Et sa façon de le faire est politiquement viable en Europe.»

Le président de la BCE, Mario Draghi, a toutefois précisé que les pays voulant bénéficier de ce programme devraient d'abord demander officiellement l'aide des fonds de sauvetage européens et accepter des conditions «strictes et effectives» de politique budgétaire. Cela mettra une pression énorme sur des pays comme l'Italie et l'Espagne, qui hésitent à demander l'aide de leurs partenaires de la zone euro.

La BCE demandera l'aide du Fonds monétaire international (FMI) pour veiller au respect des conditions par les gouvernements concernés. La directrice du FMI, Christine Lagarde, a applaudi jeudi le plan de la BCE et s'est dite prête à y collaborer.

Des analystes ont toutefois prévenu que si ce programme offrira un soulagement à court terme aux pays européens et aux marchés financiers, il ne s'attaque en rien aux faiblesses économiques qui prévalent dans la région et qui pourraient durer encore plusieurs années. Ils évoquent par exemple les déséquilibres chroniques qui voient certains pays exporter et croître pendant que d'autres sont incapables de rivaliser.

L'intervention de la BCE a réjoui les marchés parce que, du moins en théorie, la banque dispose de fonds illimités. En tant qu'institution émettrice de l'euro, elle peut simplement imprimer de nouveaux billets pour acheter les obligations aux banques.

La BCE a par ailleurs maintenu jeudi son principal taux d'intérêt à son plus bas de 0,75 pour cent. Certains économistes avaient espéré un nouvel abaissement pour stimuler davantage l'économie en ralentissement dans les 17 pays de la zone euro, avec une croissance de 0,2 pour cent au second trimestre, mais la banque avait déjà réduit son taux directeur d'un quart de point le 5 juillet.

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