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Kigali justifie son retrait de troupes, accuse Kinshasa de "mauvaise foi"

06/09/2012 08:27 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

La ministre des Affaires étrangères du Rwanda Louise Mushikiwabo a accusé jeudi la République démocratique du Congo (RDC) de "mauvaise foi" après que Kinshasa eut une nouvelle fois accusé Kigali de soutenir une rébellion armée dans l'Est congolais.

"Les accusations de Kinshasa, on vit avec depuis 4 mois et encore une fois, c'est une preuve de la mauvaise foi de nos voisins", a déclaré Mme Mushikiwabo sur France 24.

"Les autorités congolaises sont dans cette psychose de toujours trouver le voisin coupable (...) Quand il y a un problème au Congo, si ce n'est pas le Rwanda, c'est le Congo Brazzaville, c'est l'Angola, c'est l'Ouganda", a-t-elle ironisé.

La RDC, qui accuse Kigali de soutenir la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) dans l'est du pays, a estimé lundi que le retrait de militaires rwandais de cette région visait en fait à "exfiltrer" des hommes liés avec les mutins.

Des forces spéciales rwandaises --quelque 280 hommes selon les estimations-- qui opéraient discrètement avec l'armée congolaise dans cette région ont été retirées la semaine dernière.

"Ecoutez, les forces spéciales rwandaises étaient avec les forces armées congolaises, c'est une unité qui est là depuis deux ans, le retrait a été fait en commun, (...) a été effectué notamment en présence de certains diplomates, des médias, etc", s'est défendue Mme Mushikiwabo, qualifiant les accusations de Kinshasa de "non sens".

Selon elle, Kigali a décidé de retirer ces forces en raison de "la situation d'insécurité" dans la région. "Et pour être honnête aussi, les accusations de Kinshasa, alors qu'on est en train de travailler ensemble, ce n'est pas correct. On a donc retiré nos troupes il y a quelques jours et on va attendre que la situation se calme, pour pouvoir travailler ensemble", a-t-elle ajouté.

L'armée congolaise affronte depuis mai le M23, positionné près des frontières rwandaise et ougandaise. Ce mouvement est né d'une mutinerie de soldats congolais, qui sont en majorité issus de l'ex-rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Les combattants du CNDP, eux aussi accusés d'être soutenus par le Rwanda, avaient été intégrés dans l'armée congolaise en 2009.

cf/far/sd

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