NOUVELLES
06/09/2012 01:55 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Israël: accord pour accueillir 3 migrants sur 21 bloqués à la frontière

Israël a autorisé l'entrée sur son territoire de trois demandeurs d'asile érythréens bloqués depuis une semaine entre deux clôtures à sa frontière avec l'Egypte, à l'issue d'un accord qui prévoit que 18 autres demandeurs d'asile seront reconduits en Egypte.

Un responsable israélien a déclaré à l'AFP que l'accord, selon lequel deux femmes et un adolescent, âgé de 14 ans, seraient admis en Israël tandis que les autres demandeurs d'asile retourneraient en Egypte, a été conclu jeudi entre des responsables militaires israéliens et égyptiens.

"Les termes de cet accord ont été autorisés au plus haut niveau", a-t-il précisé.

"Il est important que tout le monde comprenne qu'Israël n'est plus une destination pour (les migrants)", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué.

"Le mur que nous avons construit a déjà fait diminuer de 90% le nombre des infiltrateurs. Nous continuerons à prendre des mesures contre ceux qui emploient des illégaux et nous continuerons nos efforts pour qu'ils soient reconduits dans leurs pays d'origine", poursuit M. Netanyahu.

Le groupe de 21 migrants est arrivé à la frontière fin août après avoir traversé le Sinaï égyptien, mais ils se sont retrouvés bloqués derrière une clôture situé en territoire israélien. Ils demandaient l'asile politique en Israël.

Avant l'annonce de l'accord, un responsable du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait enjoint Israël à trouver une solution.

"Israël doit assumer ses responsabilités en tant que signataire de la convention relative au statut des réfugiés (de 1951) et permettre à ces demandeurs d'asile l'accès à son territoire, ce qui n'est pas le cas actuellement et ce qui nous préoccupe beaucoup", a déclaré jeudi à l'AFP William Tall.

"Nous pressons avec insistance le gouvernement (israélien) de laisser entrer ces personnes sans retard et d'examiner leurs demandes d'asile", a-t-ajouté.

Interrogé jeudi à la radio, le ministre en charge des Services publics, Michaël Eytan, a déclaré qu'"Israël doit surveiller ses frontières tout en étant tenu par ses engagements humanitaires internationaux (...) Nous trouverons la formule adéquate pour assumer cette double contrainte".

Saisie mercredi par l'ONG israélienne "Nous sommes des réfugiés", la Cour suprême d'Israël a commencé jeudi à examiner cette affaire mais n'a pas pris de décision. Une nouvelle audience aura lieu dimanche.

Dans un communiqué adressé à la Cour suprême, le conseiller juridique du gouvernement Yéhouda Weinstein a indiqué jeudi qu'"à titre humanitaire, l'armée israélienne a reçu pour consignes de fournir de l'eau et des produits alimentaires de base aux migrants, ainsi qu'une assistance médicale si nécessaire".

Ce texte souligne cependant qu'"Israël est un pays souverain et décide en conséquence souverainement qui peut pénétrer ou non sur son sol, de même qu'il est souverainement habilité à construire une barrière face à l'Egypte pour empêcher l'accès à son territoire".

Il y a trois semaines, un groupe de migrants africains avait été bloqué à la frontière pendant quatre jours avant d'être autorisé à pénétrer sur le territoire israélien pour des "raisons humanitaires".

La présence en Israël de plus de 62.000 immigrants clandestins, dont quelque 35.000 Erythréens entrés par le Sinaï égyptien, a provoqué depuis mai des violences et une polémique.

Israël érige actuellement une barrière de 250 km le long de sa frontière avec l'Egypte. Quelque 170 km sont déjà construits, et l'ouvrage devrait être achevé d'ici la fin de l'année.

ChW-sst-agr-dms/hj

PLUS:afp