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06/09/2012 01:57 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Grèce: médecins et usagers unis contre de nouvelles coupes dans la santé

Médecins et usagers ont fait jeudi front commun contre les nouvelles coupes prévues dans le budget de la santé publique en Grèce, jugeant le pays poussé "au bord de la crise humanitaire" par trop de rigueur.

L'offensive, à la veille de l'arrivée prévue de la troïka représentant les créanciers du pays, UE et FMI, a été lancée lors d'une réunion de représentants de l'Ordre des médecins, des deux grandes centrales syndicales, du privé GSEE et du public Adedy, des unions de commerçants et artisans et des associations de retraités.

Dans une résolution commune, ils appellent le gouvernement à "convaincre la troïka qu'il n'y a plus de marges d'économies dans la santé", alors que "la situation dans le secteur est au bord de la crise humanitaire".

L'exécutif envisage au contraire de nouvelles coupes d'environ 1,4 milliard d'euros dans le secteur de la santé, pour satisfaire aux exigences d'ajustement budgétaire des bailleurs de fonds, imposant de trouver plus de 11,5 milliards d'économies en plus d'ici 2014.

Les signataires de la résolution relèvent que la suppression de la couverture universelle et gratuite en principe garantie avant la crise, déclenchée en 2010, condamne "des centaines de milliers de non-assurés à ne couvrir leurs besoins de santé que grâce au volontariat et à la solidarité".

Mais les assurés paient aussi les frais, nombre de pharmaciens et médecins conventionnés refusant désormais de délivrer les médicaments et de consulter sur avance, comme le système grec le prévoit en principe, faute d'avoir eux-mêmes été payés depuis des mois par les caisses d'assurances maladie.

Ce bras de fer, récurrent depuis des mois alors que l'Ordre des médecins chiffre à plus de 1,3 milliard les arriérés dus à ses membres, s'est encore durci ces dernières semaines.

Chiffrant le budget public de la santé à quelque 10 milliards d'euros, en chute de 25% depuis 2009, les experts du secteur mettent en garde depuis des mois contre le risque que la santé ne devienne un privilège en Grèce, estimant que le chômage et travail au noir privent un tiers de la population de toute couverture.

cb/plh

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