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06/09/2012 01:49 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Grèce: manifestations anti-rigueur de policiers aux "salaires de misère"

Des policiers en tenue ont bloqué jeudi l'entrée du bâtiment des forces anti-émeutes près du centre d'Athènes pour protester contre de nouvelles coupes salariales envisagées pour maintenir la Grèce dans l'euro, avant une manifestation nationale dans la soirée.

Dans les deux cas, des forces anti-émeutes avaient été déployées pour parer à tout débordement de leurs collègues.

Après la manifestation d'une cinquantaine de membres du syndicat des policiers, quelque 3.000 policiers, pompiers et garde-côtes, très peu en uniforme, ont défilé dans la soirée dans le centre d'Athènes jusqu'au parlement, a constaté l'AFP.

Devant le ministère des Finances, en contrebas, ils ont installé des simulacres de potences avec des mannequins représentant chacun de leurs corps.

Zois Margeus, secrétaire général du syndicat des pompiers de l'Epire (nord-ouest), a expliqué à l'AFP s'être mobilisé contre les nouvelles coupes prévues, alors que "les salaires de base ont déjà été réduits de 650 euros par mois pour un débutant à 1.100 en fin de service", contre 820 a 1.600 euros il y a deux ans.

"Et tout ca alors qu'il y a en Grèce 4.500 postes de pompiers non pourvus et que nous faisons tous des double vacations sans être payés, surtout pendant la période des incendies" estivaux, a-t-il ajouté.

Avec de tels revenus, Sophia Ignati, de la police routière de Florina (nord), affirmait, elle, devoir renoncer à ses projets de mariage.

"Nous avons atteint nos limites, on ne peut plus assumer nos obligations, ni professionnelles ni familiales, avec un salaire de misère de 680 euros", a protesté sur la télévision publique Net Yiorgos Drivakos, président de la Fédération de la police portuaire.

Mercredi, les syndicalistes de la police avaient déjà manifesté devant la résidence du Premier ministre Antonis Samaras au moment où il s'entretenait avec le secrétaire d'Etat auprès du ministère allemand du Travail et des Affaires sociales Hans-Joachim Fuchtel, en visite à Athènes.

Le mécontentement social monte de nouveau en Grèce alors que le gouvernement s'apprête à adopter sous la contrainte de ses créanciers UE et FMI un paquet d'économies de plus de 11,5 milliards d'euros pour 2013 et 2014.

Le Premier ministre conservateur avait dans un premier temps promis d'épargner les forces de l'ordre, mais au fil des négociations avec les créanciers, des baisses sont finalement prévues.

Le ministre des Finances Yannis Stournaras doit finaliser ce week-end avec les représentants de la troïka des créanciers (UE-FMI-BCE) qui arrivent à Athènes ce nouveau paquet budgétaire après trois ans d'austérité stricte qui n'ont jusqu'à présent débouché que sur une accélération de la récession.

Ces économies sont la condition préalable, selon les créanciers, pour la poursuite des versements des prêts UE-FMI, dont Athènes attend une tranche vitale de 31,5 milliards d'euros en octobre.

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