NOUVELLES
06/09/2012 06:12 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Barack Obama demande aux Américains de lui faire confiance

Lors d'un discours visant à reconquérir ses électeurs, le président sortant Barack Obama a accepté jeudi soir l'investiture de son Parti démocrate pour affronter le républicain Mitt Romney lors de la présidentielle américaine du 6 novembre prochain.

« J'accepte votre investiture pour la fonction de président des États-Unis », a déclaré d'emblée Barack Obama, accueilli triomphalement par des milliers de délégués réunis dans le Time Warner Cable Arena, à Charlotte, en Caroline du Nord.

Au dernier jour de la convention démocrate, le chef de la Maison-Blanche a présenté le scrutin présidentiel comme « un choix entre deux visions fondamentalement différentes pour l'avenir » des prochaines générations.

« Dans les années à venir, de grandes décisions seront prises à Washington, sur l'emploi et l'économie, les impôts et les déficits, l'énergie et l'éducation, la guerre et la paix, des décisions qui auront des conséquences énormes sur nos vies et celles de nos enfants dans les décennies à venir », a souligné Barack Obama.

Il a profité de son discours pour dévoiler sa vision d'un second mandat à la Maison-Blanche et a tracé les grandes lignes de son plan pour relancer cette économie chancelante. Car après quatre années de mandat marquées par les conséquences d'une grave crise économique, M. Obama fait face à une perspective de réélection difficile face au républicain Mitt Romney.

Devant ses milliers de partisans, Barack Obama a rappelé le slogan d'« espoir » sur lequel il avait remporté la présidence, tout en soulignant que « cet espoir a été mis à l'épreuve ».

Il a notamment évoqué « le coût de la guerre, l'une des pires crises économiques de notre histoire, et le blocage politique qui nous a fait nous demander s'il était toujours possible d'être à la hauteur des problèmes de notre époque ».

« Nous ne pensons pas que nous pouvons régler tous les problèmes. Mais nous ne pensons pas que le gouvernement est la source de tous les problèmes », a-t-il lancé, ajoutant qu'il nous faudra plus que quelques années pour résoudre des problèmes qui se sont accumulés depuis des décennies. »

Disant favoriser des mesures de répit pour la classe moyenne, M. Obama a d'ailleurs déploré que les républicains appellent à des réductions d'impôts et de taxes pour régler tous les problèmes. Il dit ne pas croire que des baisses d'impôts pour les plus riches généreraient des emplois ou permettraient de réduire le déficit.

« Je ne vais pas prétendre que la voie que je propose est rapide ou simple. Je ne le ferai jamais. Vous ne m'avez pas élu pour vous dire ce que vous avez envie d'entendre. Vous m'avez élu pour vous dire la vérité », a-t-il souligné, demandant à ses électeurs de lui faire confiance et de faire preuve de patience.

« Vous seuls pouvez faire en sorte que cela ne se produise pas. Vous seuls avez le pouvoir de nous faire aller de l'avant », a-t-il ajouté.

Environnement, politique étrangère et Mitt Romney

En matière d'environnement, Barack Obama a dit vouloir « continuer à réduire la pollution carbone qui réchauffe notre planète, parce que le changement climatique n'est pas un mythe ». Selon lui, « avoir de plus en plus de sécheresses, d'inondations, et d'incendies de forêt, ce n'est pas une blague. C'est une menace pour l'avenir de nos enfants », a-t-il ajouté.

Cette déclaration semblait faire écho à celle tenue par son adversaire Mitt Romney la semaine dernière lors de la convention républicaine à Tampa, en Floride. « Le président Obama a promis de freiner la montée des océans et de guérir la planète. Ma promesse [...] est de vous aider, vous, et votre famille », avait-il martelé.

Sur le thème de la politique étrangère, le candidat démocrate a lancé une attaque musclée contre Mitt Romney, le qualifiant de novice en la matière et l'accusant notamment d'avoir « insulté » Londres.

« On n'est peut-être pas prêt à la diplomatie avec Pékin si l'on ne peut pas se rendre aux Jeux olympiques sans insulter notre allié le plus proche », a lancé Barack Obama. Lors de son passage à Londres, Mitt Romney avait fait bondir la presse britannique en demandant si Londres était vraiment prête à accueillir des Jeux olympiques, faisant allusion aux menaces de grève des douaniers.

« On ne qualifie pas la Russie d'ennemi numéro un, et non Al-Qaïda, sauf si l'on est bloqué dans une mentalité de la guerre froide », a poursuivi M. Obama, faisant toujours référence à de récents propos de Mitt Romney.

« Mon adversaire a dit que c'était "tragique" de mettre fin à la guerre en Irak et il ne nous dit pas comment il compte mettre fin à la guerre en Afghanistan. Je l'ai fait et je le ferai », a-t-il assuré.

En plus des vedettes d'Hollywood comme Scarlett Johansson et Eva Longoria, Barack Obama avait été précédé sur scène jeudi soir par le candidat de 2004 John Kerry, qui a notamment discuté de politique étrangère, et par son propre vice-président Joe Biden.

Mercredi soir, c'est l'ex-président Bill Clinton qui est venu tendre la main à Barack Obama en défendant sa politique économique, et en critiquant le legs des républicains. « Écoutez-moi : aucun président, ni moi ni aucun de mes prédécesseurs, personne n'aurait pu réparer tous les dommages qu'il a découverts en seulement quatre ans », a dit M. Clinton.

Bill Clinton a prévenu les Américains contre la tentation de redonner le pouvoir à ceux qui ont plongé l'économie américaine en récession. Lors d'un discours enflammé, il a expliqué que la réussite économique de sa présidence, dans les années 90, reposait sur l'« arithmétique », ce qui a fait s'esclaffer l'audience galvanisée par ses propos.

La veille, Michelle Obama avait livré un vibrant plaidoyer pour son mari, un « homme sur lequel on peut se fier » afin de redresser l'état de l'économie. « Barack a dit que cette élection serait même plus serrée que la dernière. Toutes les élections sont serrées dans ce pays. Mais celle-là pourrait se jouer sur quelques milliers de votes dans un seul État-clé », a-t-elle affirmé jeudi devant le groupe des femmes démocrates.

Les derniers sondages montrent que les deux candidats sont au coude-à-coude dans les intentions de vote, ce qui pourrait faire de cette élection l'une des plus serrées de l'histoire des États-Unis.

PLUS: