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06/09/2012 11:48 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Barack Obama demande aux Américains de lui faire confiance et d'être patients

CHARLOTTE, États-Unis - Le président Barack Obama a accepté officiellement jeudi soir l'investiture démocrate, implorant les Américains inquiets par la lenteur de la reprise de l'économie à lui accorder un second mandat, dans un discours contrastant avec le message d'espoir et de changement livré il y a quatre ans.

Le président a déclaré aux électeurs qu'il faut plus que quelques années pour résoudre des problèmes accumulés pendant des décennies.

Barack Obama a aussi affirmé aux électeurs qu'ils font face au choix le plus clair de leur génération. Il ne s'agit pas seulement de choisir entre deux candidats, mais entre deux visions différentes du pays, a-t-il exprimé.

Le président a expliqué que le chemin qu'il propose ne sera ni rapide ni facile, un signe de tête à l'intention des électeurs qui s'impatientent face à la persistance des difficultés économiques.

«Vous ne m'avez pas élu pour m'entendre dire ce que vous voulez entendre. Vous m'avez élu pour vous dire la vérité. Et la vérité, c'est qu'il nous faudra davantage qu'une couple d'années pour surmonter les embûches qui se sont construites au cours de décennies.»

Malgré tout, a-t-il argué, il y a une lumière au bout du tunnel.

«Soyez-en assurés. Nos problèmes peuvent être réglés. Nos défis peuvent être surmontés. La voie que nous offrons est peut-être ardue, mais elle mène vers un monde meilleur. Et je vous demande de choisir cet avenir.»

M. Obama a déploré que les républicains appellent à des réductions d'impôts et de taxes pour régler tous les problèmes. Disant favoriser des mesures de répit pour la classe moyenne, il a dit aussi ne pas croire que des baisses d'impôts pour les plus riches généreraient des emplois ou permettraient de réduire le déficit.

Après un premier mandat plombé par une récession économique dévastatrice et les efforts des républicains pour l'empêcher d'obtenir quatre années de plus à la tête du pays, M. Obama presse aujourd'hui les Américains à garder le cap.

Après près de quatre ans d'affrontements partisans et de taux de chômage élevé, le soutien du public envers Barack Obama s'est affaibli. Les sondages montrent qu'il est généralement plus apprécié au niveau personnel que son rival Mitt Romney, mais le candidat républicain est perçu comme plus apte à améliorer l'économie, qui reste le principal sujet de préoccupation des électeurs.

Le vice-président Joe Biden avait auparavant accepté officiellement la nomination de son parti en vue d'un autre mandat de quatre ans.

«Oussama ben Laden est mort et General Motors est vivant», avait lancé M. Biden sous les applaudissements nourris des délégués.

Il a fait valoir la détermination de M. Obama à assurer que le pays surmonte la tourmente économique ayant grimpé au moment de son entrée en poste en 2008.

«Jour après jour, nuit après nuit, j'étais derrière lui, alors qu'il prenait une décision courageuse après l'autre pour arrêter l'effondrement et renverser la situation», a soutenu M. Biden.

Mitt Romney, qui a maintenu un profil bas depuis la début de la semaine afin de se préparer à une série de débats avec le président sortant, avait indiqué jeudi ne pas avoir l'intention d'écouter le discours de Barack Obama, mais il lui a donné quelques conseils.

«Ce que j'aimerais qu'il fasse, c'est un compte-rendu de ses promesses, mais ce sont des promesses oubliées et des gens oubliés», a dit le candidat républicain. Plus de 23 millions d'Américains sont présentement au chômage ou sous-employés.

En parlant passionnément des efforts de Barack Obama pour empêcher la crise économique de s'aggraver, l'ancien président Bill Clinton a affirmé mercredi soir qu'aucun président n'aurait pu réparer en un seul mandat les dommages hérités des républicains il y a quatre ans.

«Écoutez-moi: aucun président, ni moi ni aucun de mes prédécesseurs, personne n'aurait pu réparer tous les dommages qu'il a découverts en seulement quatre ans», a dit M. Clinton.

«Il a installé les fondements d'une économie plus moderne et plus équilibrée, qui produira de nouveaux emplois, de nouvelles entreprises et beaucoup de richesse pour les innovateurs», a poursuivi Bill Clinton. Il a affirmé aux électeurs qu'ils devaient s'interroger sur le genre de pays dans lequel ils souhaitent vivre.

«Si vous avez envie d'une société où vous serez seuls, où il n'y aura qu'une poignée de gagnants, alors choisissez les républicains. Mais si vous voulez un pays où la richesse et la responsabilité se partagent, une société inclusive, alors vous devriez voter pour Barack Obama et Joe Biden», a-t-il déclaré.

Barack Obama tentera donc de tirer profit de la rhétorique de l'ancien président pour convaincre les électeurs indécis de voter pour lui. Les sondages montrent que les deux candidats sont au coude à coude dans les intentions de vote, et l'élection présidentielle du 6 novembre pourrait être l'une des plus serrées de l'histoire des États-Unis.

Le président Obama doit en particulier tenter de convaincre les hommes blancs de la classe ouvrière, qui sont généralement plus favorables à Mitt Romney, de lui faire confiance.

Joey Beam, un chef cuisiner de 25 ans de la Caroline du Nord, est l'un de ces électeurs, de surcroît dans un État jugé crucial pour l'issue de l'élection au plan national. Il ne sait pas encore pour qui il votera, mais il penche vers le candidat démocrate.

«Entre Romney et Obama, je ne sais pas vraiment lequel choisir. Je pense qu'Obama a fait de son mieux, et je ne suis pas certain que Romney ait vraiment l'intention de s'occuper de la classe moyenne», a dit le jeune homme, rencontré jeudi à Charlotte.

«Je veux qu'il y ait une classe moyenne forte afin que nous puissions reconstruire les États-unis et que tout le monde ait une chance de succès. On ne peut pas s'occuper seulement de la classe la plus riche», a-t-il estimé.

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