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Vingt immigrés érythréens bloqués à la frontière israélo-égyptienne

05/09/2012 05:17 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

Vingt immigrés érythréens qui voulaient entrer illégalement en Israël à partir de l'Egypte sont bloqués entre deux clôtures depuis une semaine à la frontière entre les deux pays, ont indiqué mercredi les médias israéliens.

Le 28 août, ces migrants, dont un adolescent de 14 ans et deux femmes, sont arrivés à la frontière après avoir traversé le Sinaï égyptien, mais se sont retrouvés bloqués derrière une clôture en secteur situé en territoire israélien, a précisé le quotidien Haaretz.

Une force de l'armée israélienne a été déployée sur place pour surveiller ce groupe et l'empêcher de franchir la clôture de plusieurs mètres de haut. Une des femmes, qui était enceinte, a fait une fausse couche, a ajouté le quotidien.

Selon des soldats israéliens cités par Haaretz, les Erythréens refusent de rebrousser chemin vers un poste de l'armée égyptienne de crainte d'être maltraités.

Le groupe n'a pas reçu de nourriture depuis le 30 août, l'armée israélienne se contentant de leur fournir de l'eau. Selon des images de la chaîne de télévision "10", ils utilisent une couverture pour se protéger tant bien que mal du soleil.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'armée a affirmé que "depuis quelques jours, plusieurs individus qui tentaient de s'infiltrer attendent à l'ouest de la clôture. L'armée israélienne a consenti à titre humanitaire à approvisionner ce groupe en eau".

"Selon les usages internationaux et la jurisprudence, la barrière constitue de facto une frontière, et c'est pourquoi toute personne se trouvant derrière celle-ci n'est pas en territoire israélien et ne jouit en conséquence pas d'un droit automatique d'entrée" en Israël, a déclaré à l'AFP un porte-parole gouvernemental israélien.

"Aucune instance internationale n'a établi que les Soudanais ou les Erythréens sont persécutés ou en danger en Egypte, et aucune obligation légale n'impose donc à Israël de permettre l'accès à son territoire à ceux qui se trouvent derrière la barrière", a ajouté ce porte-parole.

Le ministre israélien de l'Intérieur, Elie Yishaï, a de son côté déclaré dans un communiqué: "Je ne suis pas indifférent au sort de ces migrants qui cherchent du travail, comme à celui de millions d'autres dans le monde, mais mon devoir est d'abord de me préoccuper du pays (Israël) et de ses habitants".

L'Association pour les droits civiques (Acri), une organisation israélienne de défense des droits de l'Homme, a estimé que la situation faite à ces migrants était une "honte".

"Israël a le droit d'ériger une clôture mais cela ne le dispense pas de respecter ses obligations alors que des gens sont bloqués près de la clôture et demandent à être sauvés. Il faut s'assurer qu'ils ne sont pas en danger, et si c'est le cas il faut leur permettre d'entrer. Il ne faut pas les condamner à la faim ou la soif", a ajouté l'association dans un communiqué.

Il y a trois semaines, un groupe de migrants africains avait été bloqué à la frontière pendant quatre jours avant d'être autorisé à pénétrer sur le territoire israélien pour des "raisons humanitaires", a ajouté le Haaretz.

La présence en Israël de plus de 62.000 immigrants clandestins, dont quelque 35.000 Erythréens entrés par le Sinaï égyptien, a provoqué depuis mai des violences et une polémique politique.

Israël érige actuellement une clôture de 250 km le long de la frontière avec l'Egypte. Quelque 170 km sont déjà construits et l'ouvrage devrait être achevé d'ici la fin de l'année.

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