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05/09/2012 08:55 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

Un gouvernement minoritaire au Québec est bien accueilli dans l'Ouest

Des élus de l'ouest du pays et des représentants de la francophonie canadienne ont réagi avec un optimisme parfois prudent mercredi à l'élection d'un gouvernement minoritaire du Parti Québécois.

Le premier ministre saskatchewanais Brad Wall a tendu la main au nouveau gouvernement de Pauline Marois, en précisant que la nouvelle première ministre devra prouver qu'elle veut travailler avec les autres provinces canadiennes.

M. Wall, qui croit que la formule actuelle de la péréquation canadienne doit être révisée, a tenu à préciser qu'il allait refuser tout traitement qui favoriserait une province au détriment d'une autre. Il soutient qu'au lieu de tenir uniquement compte des revenus des provinces, les services à la population doivent aussi être calculés.

Brad Wall a soulevé notamment l'exemple des garderies à 7 $ par jour au Québec, alors que certains parents saskatchewanais doivent débourser jusqu'à 800 $ par mois pour faire garder un enfant.

En Alberta, la première ministre Alison Redford envisage déjà des discussions sur fond économique. Elle affirme vouloir discuter avec le Québec de la question de l'énergie.

« La stratégie nationale énergétique est une occasion d'accroître la croissance économique du pays. Je comprends que l'énergie était une question importante pendant l'élection au Québec et j'espère pouvoir en discuter avec cette province », a déclaré Mme Redford.

La chef de l'opposition albertaine Wildrose, Danielle Smith, affirme quant à elle par voie de communiqué que le Québec est une partie importante d'un Canada uni et espère que le nouveau gouvernement mettra de côté ses aspirations séparatistes pour se concentrer sur les questions qui touchent tous les Québécois.

Les communautés francophones du Canada plus optimistes

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Marie-France Kenny, se réjouit de voir pour la première fois une femme première ministre au Québec. Le Parti Québécois a su, au fil des années, travailler avec les francophones hors Québec, selon elle.

« C'est sous le premier ministre Parizeau que le gouvernement du Québec a adopté, en 1995, sa première politique à l'égard des communautés francophones et acadienne, devenue en 2006 la Politique du Québec en matière de francophonie canadienne », rappelle-t-elle.

Marie-France Kenny souligne d'ailleurs que le Parti québécois s'est engagé dans sa plateforme à consulter les communautés afin de mettre à jour la Politique et de renforcer les liens entre francophones.

Elle souhaite que Pauline Marois nomme un ministre responsable de la francophonie canadienne et que le gouvernement du Québec poursuive son rôle de chef au sein de la Confédération ministérielle sur la francophonie canadienne.

Selon le sociologue et professeur à l'Université de la Saskatchewan, Wilfrid Denis, l'élection au Québec d'un gouvernement souverainiste minoritaire rassure les Fransaskois.

Il affirme que la question du nationalisme québécois soulève les passions au sein de la communauté fransaskoise, mais aussi certaines inquiétudes.

Fusillade mortelle : la sécurité au coeur des préoccupations

La fusillade qui a eu lieu pendant le discours de victoire de Pauline Marois à Montréal a secoué la classe politique et fait réfléchir le premier ministre du Manitoba qui participe souvent à des événements publics.

« Comme politicien, on aime d'avoir un contact direct avec nos citoyens donc on doit continuer d'avoir une démocratie ouverte, mais [aussi] prendre des précautions avec des situations spécifiques comme ça », explique Greg Selinger.

En Saskatchewan, le premier ministre Brad Wall s'est dit consterné par la fusillade qui est survenue mardi soir, mais il a affirmé que l'attentat n'allait pas changer son propre dispositif de sécurité. Selon le premier ministre saskatchewanais, ce genre d'attaque a très peu de chances de se produire dans la province.

Cet événement est une « tache » pour l'histoire politique du Québec et du Canada, selon Thierry Lapointe, un professeur de sciences politiques de l'Université de Saint-Boniface.

Il rappelle que les partisans du Parti québécois célébraient l'élection de la toute première femme première ministre au Québec quand le drame est survenu.

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