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Québec: l'auteur de la fusillade meurtrière interrogé par la police

05/09/2012 11:14 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

La police interrogeait mercredi l'auteur présumé de la fusillade qui a fait un mort et un blessé grave près de la salle où le Parti Québécois célébrait sa victoire électorale, un sexagénaire qui a crié "Les Anglais se réveillent" au moment de son arrestation.

Les enquêteurs travaillaient notamment sur l'hypothèse non confirmée selon laquelle l'homme aurait voulu s'en prendre directement à la chef indépendantiste Pauline Marois, qui doit prendre la tête d'un gouvernement minoritaire à l'issue du scrutin de mardi.

La nouvelle Première ministre a estimé mercredi que l'attentat qui a endeuillé son discours de victoire était un acte "isolé" qui ne l'empêcherait pas "d'aller de l'avant".

"C'est un événement isolé. C'est le cas d'une personne qui a probablement un problème", a-t-elle déclaré devant la presse, affirmant que la société québécoise est "profondément démocratique" et "non violente".

"Je suis profondément affectée, mais je dois aller de l'avant et assumer mes responsabilités", a encore souligné Mme Marois, qui avait fait preuve de beaucoup de sang-froid au moment de l'incident, revenant sur scène dont elle venait d'être évacuée manu militari par ses gardes du corps, appelant le public au calme et finalement terminant son discours interrompu.

La police n'a pas voulu divulguer l'identité du tireur, déclarant attendre sa première comparution en justice. Mais plusieurs médias canadiens l'ont révélée : il s'agit de Richard Henry Bain, un anglophone de 62 ans vivant au Québec et qui, selon des images prises immédiatement après son interpellation, portait un passe-montagne et une robe de chambre.

Sans citer leurs sources, les médias ont indiqué que Bain, arrêté immédiatement après la fusillade, était propriétaire d'une "pourvoirie" - entreprise de services de chasse et de pêche travaillant sur un terrain appartenant à l'Etat - et vivait au Mont-Tremblant, à 150 km au nord de Montréal.

Le quotidien La Presse précise que l'homme, qui aura 62 ans le 8 septembre prochain, est bien connu à la municipalité du Mont-Tremblant, à laquelle il avait adressé de nombreuses demandes jugées "peu structurées". Plusieurs dossiers sont encore à l'étude et il n'a pas été possible de savoir s'il avait essuyé récemment un échec dans ses démarches.

Il s'exprimait en français avec un accent et quelques difficultés, mais ne se plaignait pas de devoir utiliser la langue de Molière.

"Deux armes à feu ont été retrouvées" sur le suspect, a précisé Ian Lafrenière, de la police de Montréal. Selon des photos publiées dans les médias canadiens, l'une d'entre elles était une kalachnikov.

Ian Lafrenière et Guy Lapointe, porte-parole de la Sûreté du Québec, ont décrit le déroulement des événements de la nuit.

C'est à l'extérieur, à l'arrière de la salle de concert, le Métropolis, où Mme Marois prononçait son discours de victoire et lançait un appel au rassemblement de tous les Québécois, que le suspect a ouvert le feu.

Un homme a été tué sur le coup, tandis qu'un autre homme, blessé, a été secouru et conduit à l'intérieur du bâtiment, dont la porte a été fermée.

Le suspect a alors mis le feu à la porte, utilisant un produit inflammable, avant d'être maîtrisé par les policiers, nombreux autour du bâtiment, sans opposer de résistance, selon M. Lapointe.

Le suspect arrêté a été hospitalisé, a encore indiqué M. Lafrenière, sans en préciser la raison.

via/jl/lor

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